Aides aux agriculteurs : "Un bon premier pas", réagit Christiane Lambert, présidente de la FNSEA

Le ministre de l'Agriculture a promis "des mesures exceptionnelles pour accompagner les agriculteurs". Christiane Lambert espère que le plan de relance qui préparera l'avenir sera d'au moins "un milliard d’euros par an".

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 24 juin 2020.
Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, le 24 juin 2020. (LUDOVIC MARIN / AFP)

Pour faire face à la sécheresse, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé ce vendredi 14 août des aides supplémentaires pour les agriculteurs. Il promet notamment des "dégrèvements sur la taxe foncière que paient les agriculteurs", le versement anticipé d’acomptes "plus élevés" de la PAC, et donne le feu vert à l’utilisation des jachères pour nourrir le bétail et au décalage des dates de semis. Pour Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, invitée de franceinfo, c’est "un bon premier pas dont nous avons besoin", même si elle espère que le plan de relance sera d'au moins "un milliard d’euros par an".

"Les céréaliers ont connu une baisse de moisson de 30%. Les éleveurs n'ont pas assez de fourrage pour leurs animaux et ils sont obligés de commencer à prendre dans les stocks de l'hiver", explique-t-elle, soulignant que "tout ce qui peut être allégé comme charges permettra de faire face, soit parce que l’agriculteur n’a pas assez de rentrées d'argent, soit parce qu'il faut dépenser pour acheter du fourrage".

Des propositions de "bon sens"

Pour la présidente de la FNSEA "les simplifications qu'il appelle agronomiques, mais qui sont en fait administratives, c'est juste du bon sens. Car obliger des agriculteurs à semer des cultures pour la biodiversité alors que leurs sols sont desséchés, ça n'aurait pas permis de répondre à l'objectif."

Selon Christiane Lambert, la première urgence aujourd’hui, est d’éponger les besoins en trésorerie. "Ces mesures vont y contribuer : alléger les impôts fonciers, faciliter le paiement des cotisations sociales, verser 70% du l'acompte des aides de la PAC au lieu de 50%. Mais ce qu'attendent de plus les agriculteurs, c'est la prise en considération de ce changement climatique qui appelle des nouvelles décisions".

C'est un ministre de l'Agriculture qui est ingénieur agronome, il connaît très bien le besoin et il est en capacité à l'expliquer. Et je souhaite qu'il soit assez pugnace pour convaincre ceux qui, dans les administrations, font que ça ne suit pas. Christiane Lambert, présidente de la FNSEAà franceinfo

Christiane Lambert a chiffré le plan de relance à "un milliard par an". Selon la présidente, "que ce soit pour la recherche agronomique, pour le numérique, le déploiement de tous les capteurs, l’utilisation des données, et pour concilier économie et écologie, nous avons besoin d'aides à l'équipement dans les exploitations agricoles de 1 milliard à 2 milliards d'euros par an".