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Medef : Geoffroy Roux de Bézieux doit "restaurer" le "dialogue social" contre "l'autoritarisme de monsieur Macron"

Après son élection à la tête du Medef, l'ONG Attac appelle Geoffroy Roux de Bézieux, à davantage s'affirmer face à Emmanuel Macron.

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Radio France
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Le président nouvellement élu du Medef, Geoffroy Roux de Bezieux, prend la parole lors d'une assemblée générale du Medef le 3 juillet 2018 à Paris.

 (ERIC PIERMONT / AFP)

Dominique Plihon professeur émérite d’économie à Paris Nord, porte-parole d’Attac, a estimé mardi 3 juillet sur franceinfo que le Medef doit "arriver à restaurer le dialogue social" contre "l'autoritarisme de monsieur Macron." Geoffroy Roux de Bézieux a été élu mardi 3 juillet à la tête de l'organisation patronale, succédant ainsi à Pierre Gattaz. Le nouveau patron du Medef a promis des réformes en profondeur.

Selon Dominique Plihon, le Medef doit répliquer à "l'autoritarisme de monsieur Macron", c'est-à-dire "sa volonté de se substituer au dialogue social, c'est quelque chose qui ne doit pas, j'imagine, plaire au Medef et autres organisations syndicales." "Il y a des tensions qui vont se développer", a-t-il estimé.

"Gattaz a discrédité le dialogue social"

"D'ailleurs, le discours du nouvel élu du Medef montre bien qu'il déclare, attention désormais on n'acceptera plus qu'on nous impose par avance ce qu'on doit décider", prévient Dominique Plihon. "Ça serait une bonne chose que la démocratie sociale au sens large reprenne un peu du poil de la bête parce que ce qui s'est passé ces derniers années, notamment sous l'effet de monsieur Gattaz, a joué un rôle important pour discréditer ce dialogue social", poursuit-il.

Il faut arriver à le restaurer un peu contre la pratique politique de monsieur Macron

Dominique Plihon, professeur émérite d'économie à Paris Nord

franceinfo

Mais le porte-parole d'Attac a dit ne pas oublier qu'Emmanuel Macron a donné beaucoup de gages à l'organisation patronale au début de son quinquennat. Le président de la République est, selon lui, "l'allié du Medef au sens où il défend exactement les mêmes positions économiques ultralibérales et en donnant, avec la loi Travail, toute satisfaction pratiquement à toutes les revendications du Medef." "De ce point de vue-là, c'est une proximité évidente", a-t-il jugé.

Le Medef déconnecté des PME ?

Dominique Plihon a néanmoins rappelé que le Medef ne représente pas tous les chefs d'entreprise : "Il faut savoir que le Medef représente une partie minoritaire en fait des entreprises en termes du nombre d'entreprises et même de salariés." Ces entreprises "accusent le Medef de ne pas du tout comprendre la réalité de la petite et moyenne entreprise", a-t-il expliqué.

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