Validation du nouveau calcul de l'allocation chômage par le Conseil d'Etat : "L'objectif est financier", regrette le syndicat CFE-CGC

François Hommeril, président de la CFE-CGC, "regrette beaucoup" la validation par le Conseil d'Etat vendredi du nouveau calcul de l'allocation chômage.

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Le logo d'une agence Pôle emploi de Paris, le 29 janvier 2021 (illustration). (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Je regrette beaucoup cette décision", a réagi sur franceinfo vendredi 22 octobre François Hommeril, président de la CFE-CGC, un syndicat de cadres, après que le Conseil d'Etat a validé le nouveau calcul de l'allocation chômage. Il était saisi en référé par des syndicats - dont la CFE-CGC - pour suspendre l'application de la réforme, entrée en vigueur au 1er octobre. "L'objectif [de cette réforme] est financier", a-t-il dénoncé. 

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Selon lui, "le Conseil d'Etat est resté dans sa ligne. Il a écouté les arguments du gouvernement qu'on a contestés." Contrairement à ce qu'elle avait estimé dans une première décision au mois de juin, l'instance judiciaire administrative estime que "la tendance générale du marché de l'emploi ne constitue plus un obstacle à la mise en place de la réforme".

franceinfo : Comment réagissez-vous à cette décision du Conseil d'Etat ?

François Hommeril : Je regrette beaucoup cette décision. J'y vois assez peu de logique car, d'une certaine façon, le Conseil d'Etat est resté dans sa ligne. Il a écouté les arguments du gouvernement qu'on a contestés. Le problème de cette réforme, c'est qu'elle est mal faite.

Est-ce un problème de lier l'analyse d'une réforme à la situation économique du pays ?

Oui, c'est un peu le problème. Je conteste depuis le début le principe selon lequel plus un chômeur est indemnisé, moins il serait motivé à retrouver du travail. C'est faux. C'est une espèce de fake-news qui traverse toute l'histoire de l'assurance chômage. Une personne privée d'emploi est forcément motivée à retrouver du travail. On ne fait pas de généralités à partir d'exceptions.

Quel est l'objectif du gouvernement, selon vous ?

L'objectif est bien sûr financier. Je ne veux pas croire que le gouvernement est sincère quand il affirme qu'en précarisant les chômeurs on les pousse un peu plus vers le retour à l'emploi. C'est à peu près du même niveau que de démontrer que la terre est plate. Le gouvernement considère que le seul moyen pour gérer cette difficulté à mettre une offre en face de la demande, c'est de taper sur la tête des chômeurs.

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