Chômage des handicapés : l'Association des paralysés de France critique les pouvoirs publics

Le chômage des personnes en situation de handicap est deux fois plus important que celui des travailleurs valides : 21%, contre 10,5%, selon le dernier bilan de l'Association des paralysés de France (APF), qui pointe du doigt, entre autres, les pouvoirs publics.

Un travailleur handicapé.
Un travailleur handicapé. (MYCHELE DANIAU / AFP)

Un rapport de l'Association des paralysés de France (APF), publié mardi 8 novembre, dévoile la forte augmentation du chômage des handicapés (+65%) entre 2011 et 2015.

Selon Jacques Zeitoun, vice-président de l'APF, cette hausse est notamment due à un déficit de formation car "seules 25% de ces personnes ont aujourd'hui un diplôme supérieur au CAP".

Les travailleurs handicapés feraient face à une "résistance" de la part de la société. Jacques Zeitoun estime d'ailleurs que "beaucoup d'idées reçues subsistent" au sujet des personnes handicapées. Des préjugés balayés par le vice-président de l'APF qui avance que "les entreprises employant un handicapé sont à 85% satisfaites. Ce sont des travailleurs qui s'absentent moins que les valides, et qui se surpassent au travail."

Les sociétés privées deux fois en-dessous du taux obligatoire

Selon Jacques Zeitoun, les pouvoirs publics doivent envoyer des messages "plus positifs". Cela passe par les moyens mis à disposition des travailleurs handicapés : "En trois ans, l'État a prélevé 174 millions d'euros sur des fonds chargés de financer l'insertion des handicapés par l'emploi et l'aménagement des postes."

Ces fonds recueillent les contributions des sociétés ne respectant pas la loi. Celle-ci fixe à 6% le taux obligatoire de travailleurs handicapés dans les entreprises. Dans les faits, ce ratio est deux fois moins important dans les sociétés privées. "Il faut un nouveau système économique", préconise donc Jacques Zeitoun.