Indemnisation pour les salariés à vélo : l'auteur du rapport veut "se défaire" de "l'intoxication" et de "la dépendance à la voiture"

Matthieu Orphelin, député La République en marche de Maine-et-Loire, est revenu, mercredi pour franceinfo, sur le rapport qu'il a remis à la ministre des Transports Elisabeth Borne pour obliger les entreprises à indemniser les salariés qui prennent leur vélo pour venir sur leur lieu de travail.

Un homme se rend à son travail, le 19 novembre 2017, à Berlin (Allemagne).
Un homme se rend à son travail, le 19 novembre 2017, à Berlin (Allemagne). (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

"Aujourd'hui, le vélo doit être le cœur de notre mobilité au quotidien", a expliqué Matthieu Orphelin, mercredi 20 décembre sur franceinfo. Le député La République en marche de Maine-et-Loire a remis dans la matinée un rapport à Elisabeth Borne, la ministre des Transports, pour obliger les entreprises à indemniser les salariés qui prennent leur vélo pour venir sur leur lieu de travail.

La mesure coûterait entre 7 et 23 euros par an et par salarié pour les entreprises. Cela pourrait permettre à la Sécurité sociale d'économiser jusqu'à 21 millions d'euros, car les salariés cyclistes posent 15% d'arrêts maladies de moins que leurs collègues, selon plusieurs experts en mobilité.

franceinfo : Avec cette mesure, est-ce qu'on peut vraiment créer des vocations ?

Matthieu Orphelin : Quand c'est mis en œuvre, on passe de 2-3% des salariés qui vont au travail à vélo à 6-7 % en moins d'un an. C'est vraiment ce petit coup de pouce financier qui va permettre à de nombreux citoyens de se mobiliser et de choisir le vélo pour aller au travail. Cela va permettre à beaucoup de gens de se remettre à faire du sport, à sortir de la sédentarité qui a tant de mauvaises conséquences sur la santé.

Comment ce rapport a-t-il été accueilli par la ministre des Transports ?

On n'a pas eu la garantie que notre proposition serait retenue, mais je crois qu'Elisabeth Borne a envie d'un beau plan vélo et surtout de le regarder différemment. Souvent, on traite le vélo avec un peu de condescendance. On dit que c'est un truc pas sérieux ou un truc d'écolo. C'est tout sauf cela. Aujourd'hui, le vélo doit être le cœur de notre mobilité au quotidien. Plus de deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de 5 km sont encore faits en voiture. C'est un chiffre énorme et il faut qu'on arrive à se défaire de cette intoxication et de cette dépendance à la voiture.

Comment convaincre les entreprises de faire cet effort financier ?

Elles vont en tirer beaucoup d'avantages, notamment sur la réduction forte de l'absentéisme. Entre un salarié cycliste et un salarié non-cycliste, il y a 15% de différence sur le nombre de jours d'arrêt maladie, donc il y a un avantage immédiat. Et puis globalement, pour une entreprise, avoir un employé en bonne santé, ça améliore la qualité de vie au travail, ça fait des salariés bien dans leur peau et, tout ça, ce sont des bénéfices très importants et très largement supérieurs aux 7 à 23 euros que ça coûtera par an et par salarié aux entreprises. Les entreprises cherchent aujourd'hui à développer leur responsabilité sociale et environnementale. Là, on a une mesure parfaite.