Entreprises : rendre obligatoire l'indemnité vélo serait bénéfique pour les salariés et les patrons, selon un rapport

Les auteurs du rapport, dont le député (LREM) Matthieu Orphelin, le Club des territoires cyclables et la Fabrique écologique, suggèrent de rendre obligatoire cette indemnité en moins de quatre ans. 

La généralisation de l\'IKV (Indemnité kilométrique vélo) pourrait permettre d\'augmenter le nombre de salariés cyclistes en France à 1,4 million en 2022, contre 700 000 aujourd\'hui.
La généralisation de l'IKV (Indemnité kilométrique vélo) pourrait permettre d'augmenter le nombre de salariés cyclistes en France à 1,4 million en 2022, contre 700 000 aujourd'hui. (KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP)

Son petit nom : IKV. Pour indemnité kilométrique vélo. Cette indemnité est versée aux salariés utilisant leur propre vélo relève dans un petit nombre d'entreprises volontaires en France. Mais un rapport qui doit être remis mercredi 20 décembre à la ministre des Transports Elisabeth Borne estime qu'il faudrait rendre obligatoire cette mesure. Argument principal de ce document : l'IKV est bonne pour le salarié cycliste, pour qon entreprise et pour les pouvoirs publics.

Objectif : 1,4 million de salariés cyclistes en 2022

Les auteurs du rapport, dont le député (LREM) Matthieu Orphelin, le Club des territoires cyclables et la Fabrique écologique, suggèrent de généraliser l'indemnité kilométrique vélo dans toutes les entreprises en moins de quatre ans. Objectif: 1,4 million de salariés cyclistes en 2022, contre 700 000 aujourd'hui.

Ce "changement d'échelle (est) indispensable pour que cette mesure d'intérêt général prenne tout son sens", souligne le texte auquel ont aussi contribué la Fondation pour la nature et l'homme et la Fédération des usagers de la bicyclette. La marge de progrès est grande : plus de 70% des déplacements domicile-travail de moins de 5 km sont effectués en voiture, selon l'Insee.

Or, là où l'IKV a été mise en place, elle a permis de doubler la pratique du vélo en moins d'un an (passée de 3% à 6% de part modale), souligne le rapport, qui met en avant des bénéfices "nombreux". D'abord sur la santé des salariés. Selon deux études, dont une menée aux Pays-Bas où ce type d'indemnité existe depuis 1995, la réduction des arrêts maladie peut aller jusqu'à 15%.

Seules 85 entreprises la proposent

Les entreprises, qui profiteront selon le rapport d'une meilleure productivité de leurs employés, subiront des coûts "très limités". En effet, selon le document, le "coût moyen de généralisation de l'IKV, à horizon 2022, atteint moins de 23 euros par salarié et par an dans l'hypothèse la plus ambitieuse" (IKV à 35euros/mois et cumulée avec le remboursement d'un abonnement transport en commun), estime le rapport.

Instaurée par la loi de transition énergétique de 2015, l'IKV n'a pas décollé : en 2017, seules 85 entreprises la proposaient. Ce qui représente 150 000 salariés, soit 0,5% des actifs, et au final moins de 10 000 bénéficiaires. Décathlon, RTE, Voies navigables de France ou la communauté d'agglomération de La Rochelle font partie des sociétés ou des collectivités qui l'ont mis en place. Par comparaison, en Belgique, 83% des actifs travaillent dans une structure proposant ce dispositif.