CRS et policiers en détresse

Depuis le début de l'année, 31 policiers, des majors, des gardiens de la paix, des brigadiers, se sont donné la mort dans toute la France.

FRANCEINFO

Dominique Cid-Chabot a perdu son fils policier il y a deux mois. Jean-François avait 38 ans. Il était marié et père de quatre enfants. Il travaillait dans la police depuis 18 ans. "Il ne savait pas se confier, dire son mal-être", confie sa mère. "Ils sont armés. Il devrait y avoir un suivi psychologique tous les mois", estime-t-elle. "La police est malade".

"Conditions de travail effarantes"

 Rares sont les policiers qui reconnaissent avoir eu un passage à vide. "Je dormais très peu. Je marchais à la caféine, à l'alcool et à la cigarette", indique Michel Biguet, CRS, qui a, un jour, tenté le suicide parce que "je ne voyais plus la lumière au bout du tunnel".

 

C'était il y a dix ans, à l'époque il ne parle à personne de sa tentative de suicide. Après quelques jours de vacances, il reprend le travail sans avoir consulté de médecin ni psychologue. "Les conditions de travail, les horaires sont effarants", assure-t-il, demandant aux manifestants qui appelaient les policiers à se suicider de ne pas oublier que "derrière le casque et le bouclier, il y a le père de famille".

Témoignages recueillis par Alice Gauvin et Mathieu Dreujou diffusés dans "Envoyé spécial" le 6 juin 2019.  

Michel Biguet, CRS
Michel Biguet, CRS (FRANCEINFO)