"Au bout du compte, les retraités sont perdants" assure l'Union française des retraités après les annonces d'Emmanuel Macron

Christian Bourreau estime que les mesures ne sont que des petites avancées pour les retraités et que le mal est plus profond.

Christian Bourreau, président de l\'Union française des retraités, le 27 août 2018.
Christian Bourreau, président de l'Union française des retraités, le 27 août 2018. (FRANCE INFO)

Le président de la République a annoncé lundi 10 décembre l'annulation de la hausse de la CSG "pour ceux qui touchent moins de 2 000 euros par mois". "C'est une mesure qui va plutôt dans le bon sens", a réagi mardi sur franceinfo Christian Bourreau, le président national de l'Union française des retraités (UFR), même si pour lui, "au bout du compte, les retraités sont perdants".

franceinfo : Avez-vous été entendus ?

Christian Bourreau : Ce qui est fâcheux, c'est qu'il lui a fallu si longtemps pour nous entendre. Je rappelle que depuis le mois de juin 2017, presque tout de suite après son élection, quand il a annoncé la hausse de la CSG, nous lui avons dit que les 1 200 euros qu'il avait mis en place pour définir les retraités riches et les autres c'était ridicule, insuffisant. Là, les 1 200 sont passés à 2 000. Ça veut dire qu'un certain nombre de retraités va se voir dispenser de cette augmentation de 1,7%. C'est donc une mesure qui va plutôt dans le bon sens. Et ça représente effectivement une majorité de retraités.

Mais il y a quand même ce retard par rapport à juin 2017. Depuis ce temps-là, la grogne des retraités n'a fait que monter. Je pense que la baisse du président dans les sondages provient en grande partie de cette hargne de la part des retraités. S'ils étaient nombreux sur les ronds-points et dans les manifestations, c'est qu'ils avaient du mal à le supporter. C'est un premier point. Mais ce que le président n'a pas dit ou ce qu'il a oublié, c'est que les retraités, dans leur grande majorité, par la CSG ou la non revalorisation des pensions, subissent une accumulation d'amputation du pouvoir d'achat.

Les pensions, c'est l'autre point. Pour 2019 et 2020, il y aura une augmentation de 0,3%, là où l'inflation serait plutôt à 1,8%...

On se fait grignoter. Pour la CSG, on va diminuer le nombre de personnes qui vont être impactées. En revanche, pour les revalorisations, c'est un autre point. Ce qu'il faut savoir, c'est que quand on ampute le pouvoir d'achat d'un retraité, c'est une opération définitive et cumulative. Ce qui veut dire que toutes les mesures s'additionnent et au bout du compte, les retraités sont perdants. La baisse du pouvoir d'achat commence à plonger les gens dans des difficultés très importantes. Par rapport à ça, on n'a rien entendu. Pour un certain nombre, on va limiter la casse avec cette remontée à 2 000 euros. Mais cette amputation du pouvoir d'achat existe, elle est réelle, cumulative et commence à devenir insupportable. 

Il y a un autre aspect presque aussi important dans la réaction des retraités. C'est ce sentiment d'être traités comme une catégorie de deuxième zone. Il y a les actifs d'un côté, les jeunes, et de l'autre côté, les inactifs, les retraités. On oublie que plus de 50% des maires de France sont des retraités, comme dans les associations.