Une infirmière du Val-de-Marne se voit refuser sa demande de naturalisation parce qu'elle travaille trop

Cette quadragénaire libanaise a écrit au ministre de l'Intérieur pour faire appel de cette décision, rapporte France Bleu Paris.

Cette infirmière libanaise arrivée en France à l\'âge de 26 ans vit à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne).
Cette infirmière libanaise arrivée en France à l'âge de 26 ans vit à Boissy-Saint-Léger (Val-de-Marne). (CAPTURE ECRAN GOOGLE MAPS)

La préfecture du Val-de-Marne a ajourné le mois dernier la demande de naturalisation d'une infirmière de 45 ans au motif qu'elle a trop travaillé en 2018, rapporte France Bleu Paris, lundi 29 juillet. Cette mère célibataire de trois enfants est arrivée du Liban, il y a 18 ans. Cette habitante de Boissy-Saint-Léger cumule deux emplois pour un total de 53 heures par semaine. Elle a fait appel de la décision.

J'avais tout pour être un bon citoyen. La preuve, je voulais travailler et rendre service à ce pays qui m'a accueillie à bras ouverts et a changé ma vie.L'infirmièreà France Bleu Paris

En 2018, cette infirmière arrivée du Liban à l'âge de 26 ans a travaillé 152 heures par mois dans une clinique à Nogent-sur-Marne (son poste fixe), mais aussi près de 70 heures par mois dans un hôpital de Créteil. Elle également fait une vacation de 51 heures dans une fondation à Paris. Ainsi, dans sa lettre de réponse du 4 juin dernier, la préfecture lui explique qu'elle est "en infraction au regard de la réglementation sur le temps de travail en France". Elle "ignorait totalement cette réglementation", raconte-t-elle à France Bleu Paris.

La préfecture s'est trompée dans ses calculs. En 2018, elle n'a pas travaillé 271 heures par mois comme indiquée dans la lettre justifiant l'ajournement de sa demande, mais 213 heures par mois, ce qui fait un peu plus de 50 heures par semaine. Même si cela ne change rien d'un point de vue légal, elle tient à signifier qu'elle ne travaillait pas plus que de raison, dans cette profession en manque de personnel. La jeune femme a donc écrit au ministre de l'Intérieur pour faire appel de cette décision. Christophe Castaner a quatre mois, jusqu'à la fin octobre, pour lui répondre.