Loi Travail : à Paris, Nantes et Rennes, la manifestation s'achève dans un nuage de gaz lacrymogène

Dans la capitale, les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogène en fin de cortège.

Des manifestants contre la loi Travail s\'écartent d\'une bombe lacrymogène lancée par les forces de l\'ordre, mardi 17 mai 2016 à Paris.
Des manifestants contre la loi Travail s'écartent d'une bombe lacrymogène lancée par les forces de l'ordre, mardi 17 mai 2016 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Nouvelle journée de mobilisation, nouveaux débordements. Alors que des manifestations étaient organisées mardi 17 mai dans toute la France pour protester contre le projet de loi Travail, des incidents, notamment à Paris, ont émaillé certains rassemblements.

A Paris, le défilé s'achève dans la tension

C'est dans la capitale que l'ambiance a été la plus électrique. Après un départ dans le calme depuis la place de l'Ecole militaire, entre 11 000 et 55 000 personnes, selon les sources, sont arrivées en milieu d'après-midi place Denfert-Rochereau dans un contexte tendu. Les manifestants sont arrivés sur les lieux dans un nuage de gaz lacrymogène tiré par les forces de l'ordre. Douze personnes ont été interpellées, dont trois pour port d'armes prohibées, selon la préfecture.

Les CRS sur place étaient masqués et casqués, les manifestants s'abritant de leur côté derrière des foulards, voire des masques chirurgicaux, des lunettes de piscine ou de ski. Certains membres des services d'ordre des syndicats étaient également équipés de casques et de matraques, provoquant la colère des manifestants.

Les journalistes sur place ont en outre montré des images de deux personnes blessées, dont un homme touché au crâne, le visage ensanglanté.

A Nantes, les lances à eau répondent aux bouteilles

A Nantes, où entre 3 500 et 10 000 personnes ont défilé selon les sources, de sérieux incidents ont été recensés. A la mi-journée, des manifestants ont lancé divers projectiles, dont des bouteilles en verre, sur la façade de la préfecture du département et en direction des forces de l'ordre. Celles-ci ont répliqué en arrosant abondamment la foule avec des lances à eau.

Alors qu'il couvrait la manifestation, un groupe de sept à huit photographes et journalistes vidéo a été victime de jets de bouteilles. Bien que protégé par un casque, un photographe du journal Ouest-France a été légèrement blessé par une bouteille de vin qui, sans se casser, lui a violemment frappé le côté du visage. Il a pu quitter les lieux par ses propres moyens. Selon le site du quotidien régional, une personne a été interpellée pour des dégradations de mobilier urbain.

A Rennes, du gaz lacrymogène pour empêcher les manifestants de rejoindre les routiers

En Ille-et-Vilaine, la rocade sud de Rennes a été en grande partie bloquée par une opération escargot menée par les routiers. Des manifestants qui défilaient dans le centre-ville ont tenté de les rejoindre, mais ont essuyé une charge des CRS accompagnée de tirs de grenades lacrymogènes.

A Toulouse, la permanence d'un député PS murée par la CGT

Un "symbole". A Toulouse (Haute-Garonne), une dizaine de syndicalistes de la CGT ont muré, tôt dans la matinée, l'entrée de la permanence du député PS Christophe Borgel. "On mène des actions symboliques devant les permanences des députés pour les appeler à leurs responsabilités. Il y a des salariés en lutte qui refusent ce projet, qui veulent débattre, qui demandent le retrait", a déclaré le secrétaire général de la CGT 31.

Le député de Haute-Garonne a "condamné fermement" cette "dégradation", estimant qu'"à ce jour, plus de trente parlementaires ont été victimes de ce type d'agissements".