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Comment apprivoiser le blues du dimanche soir ?

Nous connaissons tous, de manière plus ou moins intense, cette sensation de nostalgie ou de boule au ventre à la veille de chaque lundi? C'est ce qu'on appelle le "blues du dimanche soir". Bénin, il se soigne avec quelques astuces. Mais il peut aussi parfois cacher un mal être profond au travail.
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France Télévisions
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Temps de lecture : 4 min.

Entretien avec Frédérique Couzigou, psychologue du travail à Saint-Nazaire

Qu'est-ce que le blues du dimanche soir ?

Frédérique Couzigou : Le blues du dimanche soir se traduit par une angoisse de la reprise du travail le lundi. C'est ce que vit un salarié sur deux qui travaille du lundi au vendredi. La raison est que l'on anticipe les tâches qui nous attendent le lendemain. Cette sensation est d'autant plus forte que l'on n'a pas eu le temps de récupérer durant le week-end. On craint alors de ne pas pouvoir se lever à l'heure, de ne pas être au top le lundi matin ou tout simplement de ne pas avoir envie de travailler.

Cette angoisse a donc un rapport avec le travail ?

F. C. : Le blues du dimanche soir se manifeste rarement pendant les vacances. Il est lié à la contrainte du travail et au changement de rythme que celui-ci impose par rapport au week-end. Même une personne qui se sent à l'aise et en phase avec son activité professionnelle peut ressentir ce fameux blues du dimanche soir. Mais ça s'arrête là. En général, dès le lundi matin, cette sensation disparaît. Les habitudes et le goût du travail reprennent le dessus. C'est différent lorsqu'on ne se sent pas bien dans son travail. Il y a une graduation entre le blues et la peur de retourner travailler.

Comment savoir si ce blues ne cache pas un malaise plus profond ?

F. C. : Lorsque tout le dimanche est gangréné, que le week-end ne suffit plus pour récupérer et qu'une fatigue, tant physique que psychologique, s'installe, c'est un signal d'alerte. Ne pas pouvoir dormir dans la nuit du dimanche au lundi, ne pas être en mesure de s'occuper du temps présent, doit nous faire réagir. Surtout si cet état est récurrent depuis un certain temps : cela peut devenir pathologique.

Comment réagir dans ce cas ?

F. C. : Il faut écouter son entourage qui, bien souvent, détecte le problème avant la personne concernée. Le monde du travail actuel ne permet pas aux salariés de se plaindre d'une surcharge ou de mauvaises conditions de travail. Ainsi, ils n'osent pas en parler et le mal être s'installe. Les personnes touchées attendent d'être au bout du rouleau avant de réagir. Souvent, elles ne sont pas conscientes de la situation, mais ressentent des troubles physiques (mal de dos, eczéma?). Elles consultent alors leur médecin généraliste qui va soulever la question "Est-ce que tout va bien au travail ?". Il faut en parler à un membre de son entourage, voire à un collègue proche, car bien souvent la hiérarchie n'est pas à l'écoute. Et consulter si on en ressent le besoin.

3 trucs pour atténuer le blues du dimanche soir

1. Préparez votre lundi !

Et ce, dès le vendredi soir ! C'était déjà la règle lorsque vous étiez enfant : vous faisiez vos devoirs en début de week-end, pour être tranquille après. Devenu adulte, c'est la même chose. Avant de quitter le boulot, établissez une liste des tâches qui vous attendent à la reprise du lundi. Cela vous évitera d'y penser tout le week-end? Prévoyez des tâches qui ne requièrent pas trop d'énergie, évitez les réunions importantes ou les tâches trop prenantes. Organisez un déjeuner sympa à l'extérieur, profitez-en pour vous occuper de régler des détails auxquels vous n'avez pas l'occasion de consacrer du temps le reste de la semaine (ranger votre bureau, classer vos dossiers etc).

 =>Le conseil de Frédérique Couzigou   : " Ne rapportez pas de travail à la maison ! Sachez dire non et poser des limites à votre employeur, cela le rassurera et vous n'en serez pas moins compétent. Aujourd'hui, avec les téléphones et ordinateurs portables, il n'y a plus de séparation entre le temps de travail et le temps de repos. Nous sommes joignables en permanence. Dans le train, je travaille sur l'ordinateur alors que je pourrais discuter avec mon voisin ou bouquiner. "

2. Prévoyez des activités pour le week-end...

... mais point trop n'en faut ! Le week-end est un temps libre qu'il faut aménager avec douceur. Inutile de combler la moindre heure vacante au risque que ce temps de détente ne devienne un temps de contrainte.

 =>Le conseil de Frédérique Couzigou   : "Il faut que le week-end reste un temps créatif. Si je me couche plus tard, je ne suis pas obligé de faire la grasse matinée. Mais je m'accorde une sieste dans l'après-midi. C'est une maladie de notre société : nous voulons être au top en toute circonstance. Et cela nous fait culpabiliser. Le week-end touchant à sa fin, l'impression de n'avoir "rien fait" se fait ressentir. Il faut s'autoriser des moments où l'on ne fait rien justement. Un temps pour soi, ne serait-ce qu'une heure. "

3. Octroyez-vous un rituel du dimanche soir

Dès la fin d'après-midi, le blues fait son apparition. Et il va s'accentuer au fur et à mesure que la soirée avance? Il est important de prévoir un moment de détente, d'organiser un rituel qui va vous faire passer en douceur ce moment. Balade, sport, cinéma, lecture, plateau-télé, un bon bain etc? Les idées ne manquent pas, et vous pouvez faire en fonction de votre porte-monnaie et de vos possibilités. L'important est que cela vous fasse plaisir? et que vous alliez dormir serein.

=>Le conseil de Frédérique Couzigou   : "Toute activité qui vous changera les idées est la bienvenue. L'objectif est de ne pas faire grandir ce sentiment d'angoisse."

Rédigé par Odile GnanaprégassamePublié le 17/06/2011

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