Les jeunes quittent le cocon familial de plus en plus tard

Trois ans après la fin de ses études, près d'un jeune sur deux vit toujours chez ses parents.

L\'affiche du film \"Tanguy\", sorti en 2001, qui racontait l\'histoire d\'un jeune qui, à 28 ans, rechignait à quitter le cocon familial, au grand dam de ses parents.
L'affiche du film "Tanguy", sorti en 2001, qui racontait l'histoire d'un jeune qui, à 28 ans, rechignait à quitter le cocon familial, au grand dam de ses parents. (TELEMA PRODUCTIONS)

C'est l'une des conséquences directes de la crise économique. Selon une enquête de la Direction des statistiques des ministères sociaux (Drees) publiée en juillet (PDF), et relayée par Les Echos vendredi 8 août, les jeunes quittent le cocon familial de plus en plus tard. En 2010, 46% des jeunes vivaient toujours chez leurs parents, trois ans après la fin de leurs études. Une proportion en augmentation, puisqu'elle était de 42% en 2007.

Cette statistique n'est guère étonnante : en raison de la crise économique qui frappe la France depuis 2008, les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un emploi et à s'insérer sur le marché du travail. La Drees rappelle ainsi qu'entre 2007 et 2010, le taux de chômage des moins de 26 ans est passé de 14% à 19%. Faute de moyens et de situation stable, ils choisissent donc, bon an mal an, de rester plus longtemps chez leurs parents.

De fortes disparités sociales

Ce constat global revêt toutefois de fortes disparités sociales : trois ans après la fin de leurs études, 71% des enfants de cadres ont quitté le foyer parental, contre seulement 45% des enfants d'ouvriers. Une différence qui s'explique cette fois par le fait que les enfants de cadres font généralement des études plus longues, et qu'ils sont donc plus à même d'avoir quitté leurs parents trois ans après la fin de leurs études, mais aussi par "une plus grande capacité des parents de milieux aisés à contribuer" à l'émancipation locative de leurs enfants.