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Les Grecs "humiliés" et "insultés" par les propos de Christine Lagarde

L'interview de la directrice générale du FMI au "Guardian" a suscité de vives réactions en Grèce. Elle y demande aux Grecs de payer leurs impôts et dit avoir du mal à compatir avec eux.

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Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, donne une conférence à l'université de Harvard (Etats-Unis), le 23 mai 2012. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Elle "pense plus aux enfants africains" qu'aux Grecs et a du mal à "compatir" avec le pays. L'interview de Christine Lagarde samedi 26 mai dans le quotidien britannique The Guardian (article en anglais) a provoqué l'ire des Grecs, qui se disent "humiliés" par ses propos, notamment sur le paiement des impôts. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a mis le feu aux poudres en estimant dans cet entretien que "les Grecs devraient commencer par s'entraider collectivement", et ce, en "payant tous leurs impôts".

Tollé sur Facebook

"Il y a une crise humanitaire en Grèce, très coûteuse, au cas où vous ne le sauriez pas. C'est vraiment une honte !" a commenté dimanche une internaute sur la page Facebook de la patronne du FMI. Les propos de Christine Lagarde avaient suscité lundi matin près de 20 000 commentaires sur sa page Facebook. Samedi soir, devant le tollé engendré par ses propos, la patronne du FMI s'est montrée plus conciliante, se disant "très compatissante à l'égard des Grecs et les défis qu'ils relèvent".

"Peu importe ce que vous dites maintenant, après toutes ces critiques. Savez-vous les dégâts que vous avez causés au peuple grec ? demande Thanasis Athanasopoulos sur Facebook. Nous ne sommes pas fainéants et nous ne sommes pas des mendiants." "Merci pour votre amour et votre soutien et sachez que les Grecs ne sont pas stupides. Nous connaissons votre jeu et nous n'allons plus l'autoriser !" assure Elena Papoutsi. "Le 17 juin, les Grecs vont répondre aux usuriers du monde entier qui exploitent notre pays", prévient de son côté Eleftheria.

Christine Lagarde ne paie pas d'impôts

La polémique a continué lundi lorsqu'une information, déjà connue, a circulé sur Twitter. Christine Lagarde ne paie presque aucun impôt.

Son salaire annuel de fonctionnaire international s'élevait à 380 939 euros en 2011 (dont 57 829 euros de frais de représentation) est donc net, comme le rappelle le Huffington Post. La directrice du FMI en tant qu'"agent diplomatique est exempte de tous impôts et taxes, personnels ou réels nationaux, régionaux ou communaux".

Désapprobation de Parisot et Mélenchon

Le chef du parti socialiste Pasok et ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, après avoir estimé que les propos de Christine Lagarde avaient "humilié" et "insulté" les Grecs, s'est réjoui qu'elle ait rectifié le tir, car "cela signifie qu'elle a pris en compte une nation fière". Alexis Tsipras, chef du parti de la gauche radicale Syriza, propulsé en deuxième position lors des législatives du 6 mai, a lancé à la directrice du FMI que les Grecs ne cherchaient pas sa "sympathie" et que "les travailleurs grecs paient leurs impôts" qui sont très lourds et même "insupportables".

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a estimé quant à elle que les propos de Christine Lagarde non seulement ne servaient à rien, mais pouvaient avoir "des effets très dangereux", à commencer par une montée de l'extrême droite. Auparavant, le tribun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, avait dénoncé des propos "indignes", appelant les armateurs et l'Eglise orthodoxe à payer leurs impôts.

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