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Tafta : "La France, à ce stade" des négociations, "dit non", déclare le président de la République

"Nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règle", a déclaré François Hollande, mardi à Paris.

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Un manifestant défile contre le projet de Traité de libre-échange transatlantique (Tafta), le 11 octobre 2014, à Paris. (CITIZENSIDE / JEAN-FRANCOIS GIL / AFP)

La France sonne la charge contre le projet d'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis (Tafta, Trans-Atlantic Free Trade Agreement). Le président de la République, François Hollande, a déclaré, mardi 3 mai, qu'"à ce stade" des négociations, la France disait "non". Une menace claire de blocage si l'UE n'obtient pas des concessions de la part des Etats-Unis.

"Jamais nous n'accepterons la mise en cause des principes essentiels pour notre agriculture, notre culture, pour la réciprocité pour l'accès aux marchés publics", a affirmé le président François Hollande en clôture du colloque La gauche au pouvoir, à Paris, à l'occasion du 80e anniversaire du Front populaire. Cette sortie intervient au lendemain de la publication par Greenpeace de documents confidentiels sur les discussions à propos du Tafta.

"Il ne peut pas y avoir d'accord sans la France"

Quelques heures auparavant, le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Matthias Fekl, avait prévenu, de son côté, que l'arrêt des négociations était "l'option la plus probable" aujourd'hui. Il a laissé entendre que la France pourrait bloquer les négociations commencées il y a près de trois ans. "Il ne peut pas y avoir d'accord sans la France, et encore moins contre la France", a-t-il affirmé, fustigeant au passage "l'état d'esprit des Etats-Unis", qu'il affirme dénoncer "depuis un an".

"Nous voulons de la réciprocité. L'Europe propose beaucoup et elle reçoit très peu en échange. Ce n'est pas acceptable", a affirmé le secrétaire d'Etat. Pour Vivien Pertusot, directeur de l'Institut français des relations internationales (Ifri) à Bruxelles, les déclarations françaises ne vont pas empêcher pour autant la poursuite des négociations. "Quand la Commission s'empare d'un sujet, elle va généralement jusqu'au bout. Il est donc difficile d'envisager un arrêt pur et simple des négociations dans les prochains mois", a-t-il expliqué à l'AFP.

Mais la position de Paris pourrait compliquer les négociations en cours, selon cet expert. "Il est clair que sans un soutien politique de la part de la France, il est difficile d'envisager une conclusion positive et rapide des négociations sur le Tafta", a-t-il affirmé. Les opinions publiques sont très remontées en Allemagne et en France et dénoncent l'opacité des négociations.

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