Non, la Chine n'est pas en train d'acheter la France

L'entrée d'une entreprise chinoise au capital de l'aéroport de Toulouse relance les fantasmes sur la puissance économique de la Chine. Pourtant, ce pays est loin d'être le premier investisseur étranger en France.

Le président de la République François Hollande et son homologue chinois Xi Jinping, le 25 avril 2013 à Pékin (Chine).
Le président de la République François Hollande et son homologue chinois Xi Jinping, le 25 avril 2013 à Pékin (Chine). (KIM KYUNG HOON / REUTERS)

"Le loup est dans la bergerie." L'arrivée du groupe chinois Symbiose au capital de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, officialisée vendredi 5 décembre, ne fait pas que des heureux. Certains, comme Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique, social et environnemental de Midi-Pyrénées, jugent même cet investissement dangereux. "D'après les informations que nous avons, c'est le gouvernement chinois lui-même qui est derrière le groupe qui s'est porté acquéreur de l'aéroport. Cela me paraît très grave : le piège est en train de se refermer", confiait-il à La Dépêche du Midi il y a quelques jours.

Cette sortie n'est pas surprenante. A chaque rachat de vignoble ou d'entreprise par un Chinois, les mêmes réactions épidermiques surgissent. La Chine, avec sa puissance économique et son milliard d'habitants, fait peur. Pourtant, le pays est loin d'être le premier investisseur étranger en France. D'après les statistiques de la Banque de France, qui calcule chaque année les stocks d'investissements directs étrangers (c'est-à-dire le montant cumulé des actifs possédés par les firmes étrangères dans notre pays), la Chine n'arrive qu'en 16e position pour la période 2009-2013, avec 11 milliards d'euros. Soit loin derrière les Pays-Bas (410,5 milliards), le Luxembourg (374,7 milliards) ou les Etats-Unis (286,6 milliards).

La Chine investit cependant de plus en plus dans notre pays, comme le montrent les chiffres de l'Agence française pour les investissements internationaux (PDF). Cette agence recense chaque année les décisions fermes d'investissements qui provoquent la création ou la sauvegarde d'au moins 10 emplois sur notre territoire. En 2004, la Chine avait investi dans 11 projets, contre 33 en 2013. Cette année-là, les Etats-Unis ont financé 122 projets dans notre pays.