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Carburants : à peine annoncée, la baisse des taxes est déjà critiquée

Face à la hausse des prix de l'essence et du diesel, le gouvernement est forcé d'agir. Pas question pour l'instant d'évoquer un blocage des prix. À la place, l'État va mettre la main à la poche en baissant de manière "modeste" et "provisoire" les taxes sur les carburants, a annoncé mercredi matin Jean-Marc Ayrault.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Plus de deux euros le litre de sans-plomb 95 dans une
station-service parisienne, des prix qui montent partout en France. Les
carburants atteignent de nouveaux sommets et frôlent leurs records historiques
de mars et avril dernier.

De quoi mettre un peu plus de pression sur le
gouvernement et renvoyer François Hollande à ses promesses de campagne. Avant l'élection
présidentielle, il avait évoqué l'idée d'un blocage des prix de l'essence. Finalement, au début de l'été, les prix avaient commencé à refluer offrant une bouffée d'air frais aux automobilistes et au gouvernement.

Mais, en cette rentrée, la courte parenthèse s'est refermée. Le gouvernement est donc forcé d'agir, mais pas question
pour le moment de mettre en place ce blocage des prix qui fait hurler les
professionnels du secteur. La solution envisagée par le Premier ministre est de
diminuer "au niveau fiscal" le coût du carburant.

Un coût financier et politique

En clair, l'État
va baisser les taxes de manière "modeste" et "provisoire" en attendant la remise d'un rapport vendredi sur les prix des carburants et une
réunion prévue mardi prochain avec les représentants de la filière. Cette diminution pourrait d'ailleurs être un moyen pour le ministre de l'Économie Pierre Moscovici de demander un
effort aux producteurs et aux distributeurs
.

Mais cette baisse des taxes – aussi modeste et provisoire
soit-elle – a un coût. Un coût financier d'abord avec l'État qui va se priver
de précieuses rentrées d'argent dans des caisses qui sont déjà vides. Et qui
seront de plus en plus difficiles à remplir puisque la croissance en 2013
pourrait ne pas être au niveau prévu par le gouvernement.

Le coût de cette mesure est également politique. La
droite a commencé à s'emparer du sujet pour dénoncer, comme Nadine Morano, "des
décisions inadéquates pour l'économie"
et "l'amateurisme du
gouvernement"
.  Valérie Pécresse a dénoncé un "marché de dupes" . "Si on baisse les taxes pour les consommateurs
d'essence, il faudra bien qu'un autre contribuable paye d'autres taxes pour
équilibrer le budget de l'État",
a expliqué l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur.

Le regret des associations de consommateurs

L'association de consommateurs CLCV espère que cette baisse des taxes aura un impact réel sur les prix des carburants. Thierry Saniez, délégué général de l'association, craint notamment qu'une hausse du cours du brut vienne gommer la baisse des taxes. Il regrette néanmoins que le gouvernement ait renoncé à la prommesse de campagne de François Hollande de bloquer les prix. 

Même analyse du côté de l'UFC Que-choisir, autre association de consommateurs. "On nous dit que ce sera une baisse des taxes modeste, ça veut dire qu'il y aura peu d'impact pour les consommateurs qui vont économiser peut-être deux euros par mois" ; explique le président de l'association Alain Bazot. 

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