La Cour des comptes optimiste sur les comptes publics en 2018, mais plus réservée pour la suite

La France a prévu de ramener ses finances publiques à l'équilibre à l'horizon 2022, mais, pour les magistrats, les prévisions de l'État sont fragiles.

L\'entrée de la Cour des comptes à Paris, le 22 janvier 2018.
L'entrée de la Cour des comptes à Paris, le 22 janvier 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

L'optimisme est de rigueur pour l'état des finances publiques de la France en 2018, selon un rapport de la Cour des comptes publié mercredi 27 juin et consulté par franceinfo. Toutefois, l'institution est plus réservée quant à la suite et pointe les incertitudes qui persistent sur les perspectives des finances publiques jusqu'en 2022 après avoir étudié les engagements budgétaires du quinquennat.

La France a prévu de ramener ses finances publiques à l'équilibre à l'horizon 2022, mais, pour les magistrats, les prévisions de l'État sont fragiles. En effet, les hypothèses de croissances retenues sont, selon la Cour des comptes, très optimistes. Ensuite, les économies prévues par le gouvernement, qui sont de 75 à 100 milliards sur l'ensemble du quinquennat, sont ambitieuses, mais peu documentées.

Certaines réductions budgétaires ne suffiront pas

La réduction du nombre de fonctionnaires, des budgets des différents ministères ou la maîtrise des dépenses de santé ne suffiront pas, selon les magistrats. Par exemple, pour atteindre les 2 milliards d'euros d'économies prévues sur la politique du logement, la Cour des comptes explique qu'il faudra prendre plus de mesures, en baissant les crédits attribués aux organismes HLM ou en diminuant une nouvelle fois les aides personnalisées au logement (APL).

La Cour des comptes met aussi en avant de nouvelles dépenses à venir, dans son rapport. Elle met notamment en avant la mise en place du service national universel et la reprise de la dette de la SNCF. Elle pointe également du doigt l'inconnue liée à la compensation de la suppression de la taxe d'habitation. Les magistrats préviennent donc qu'il faudra réaliser des économies supplémentaires, notamment sur les dépenses sociales.