Cryptomonnaies : pourquoi la valeur du bitcoin a dégringolé

La plus célèbre des cryptomonnaies a temporairement perdu jusqu'à 30% de sa valeur, mercredi.

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Le bitcoin a chuté lourdement, le 19 mai 2021. (BENOIT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Un "véritable krach", selon plusieurs spécialistes. Le bitcoin a perdu 8,5% à 39 587 dollars, soit environ 32 450 euros, mercredi 19 mai au soir. La plus célèbre des cryptomonnaies était tombée plus tôt dans la journée à 30 016 dollars. Il perd environ un tiers de sa valeur par rapport au début de la semaine et plus de la moitié en comparaison avec son record de 64 869,78 dollars un mois plutôt. La deuxième plus grande cryptomonnaie, l'ethereum, a aussi dévissé mercredi, lâchant 22% à 2 653 dollars. Franceinfo vous explique les causes de ce creux soudain.

Parce que Elon Musk a fait volte-face

Alors qu'il défendait avec véhémence le bitcoin sur les réseaux sociaux et a contribué à son envolée, le patron de Tesla, Elon Musk, a fait volte-face, la semaine dernière. L'homme d'affaires a annoncé que Tesla refuserait les paiements en bitcoin, citant notamment le risque environnemental causé par le minage de la cryptomonnaie. "Nous sommes inquiets du recours de plus en plus important aux combustibles riches en carbone pour miner des bitcoins, surtout le charbon, qui a les pires émissions [de gaz à effet de serre] de tous les combustibles", a-t-il tweeté, le 13 mai.

En effet, chaque transaction est contrôlée par le "mineur" qui, derrière son ordinateur, vérifie la validité et la trajectoire de ces échanges en réalisant des calculs de plus en plus chronophages et énergivores.

Le deuxième homme le plus riche du monde s'est ensuite voulu rassurant. Il a laissé entendre que son entreprise, qui a acquis pour 1,5 milliard de dollars de bitcoin plus tôt dans l'année, ne les avait pas vendus, contrairement à ce que laissait supposer ses précédents commentaires. De quoi amortir la chute du bitcoin, mais la méfiance s'est installée. "Le plongeon des cryptos mercredi va toutefois faire réfléchir à deux fois les entreprises qui souhaitaient diversifier une fraction, même modeste de leur trésorerie, en bitcoins", écrivent Les Echos (article payant).

Parce que la Chine a mis en garde contre leur utilisation

"Après la volte-face de Tesla, la Chine a remué le couteau dans la plaie en déclarant que les monnaies virtuelles ne devraient pas et ne peuvent pas être utilisées sur le marché parce qu'elles ne sont pas des monnaies réelles", a commenté Fawad Razaqzada, analyste de ThinkMarkets, interrogé par l'AFP.

Alors que la Chine a un temps été une des places fortes du bitcoin, Pékin a entamé en 2019 un tournant radical en rendant illégaux dans le pays les paiements en cryptomonnaies, accusées d'être un instrument au service "d'activités criminelles". Les cryptomonnaies "ne sont pas de vraies devises", ont continué mercredi plusieurs fédérations bancaires chinoises de référence, mettant en garde contre la "spéculation". La forte volatilité des monnaies virtuelles "porte gravement atteinte à la sécurité des biens des personnes et perturbe l'ordre économique mondial", ont fustigé dans un communiqué commun la Fédération nationale de financement sur internet, la Fédération bancaire de Chine et la Fédération de paiement et de compensation.

Parce que la plateforme Coinbase a subi des perturbations

Pour ne rien arranger et perturber encore un peu plus un marché déjà fragilisé, la plateforme américaine d'échange cotée à Wall Street Coinbase a annoncé avoir subi de fortes perturbations, mercredi soir. L'entreprise a ajouté sur un compte Twitter qu'il était difficile de se connecter, de consulter son solde ou d'acheter ou vendre des devises virtuelles. L'entreprise, qui a plongé de près de 6% à Wall Street en raison des fortes secousses sur le marché, a assuré un peu plus tard avoir remédié à ces problèmes.

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