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Scandale chez Volkswagen : quelle est l'ONG qui a révélé le scandale ?

Le séisme qui secoue le géant allemand de l'automobile a été déclenché par l'International Council on Clean Transportation.

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France Télévisions
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L'usine Volkswagen à Wolfsburg (Allemagne), le 22 september 2015. (AXEL SCHMIDT / REUTERS )

ICCT versus Volkswagen. C'est l'ONG l'International Council on Clean Transportation qui a révélé l'existence, sur les voitures diesel de la marque allemande, d'un logiciel destiné à fausser les tests anti-pollution des agences américaines.

Cette organisation non-gouvernementale, dont le siège est aux Etats-Unis, compte, selon son site internet, à peine 27 collaborateurs permanents dans le monde. Il s'agit d'anciens cadres du secteur automobile, bardés de diplômes scientifiques. Alliés à des chercheurs de l'Université de Virginie Occidentale, ils ont déclenché le séisme qui secoue actuellement le géant allemand de l'automobile, aux 590 000 salariés et aux 200 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

"Atténuer le changement climatique"

Tout a commencé par des tests menés par ICCT en 2013 sur des véhicules vendus aux Etats-Unis : une BMW X5, une Volkswagen Jetta 2012 et une Passat 2013. Les chercheurs de l'ONG sont convaincus qu'il est possible de fabriquer des diesels peu polluants, en se dotant de normes antipollution plus strictes comme aux Etats-Unis.  

Comme elle l'explique sur son site, ICCT s'est donnée pour objectif de "fournir des recherches impartiales et des analyses techniques et scientifiques" aux régulateurs environnementaux. "Notre mission est d'améliorer la performance et l'efficacité énergétique de l'environnement routier, maritime, et du transport aérien, afin de contribuer à améliorer la santé publique et à atténuer le changement climatique", précise l'ONG.

Quand les chercheurs découvrent les résultats de leur étude sur les trois véhicules, ils sont "abasourdis""choqués", raconte John German, un responsable du groupe de recherche à Bloomberg (en anglais). Si la BMW respecte les normes antipollution, la Passat rejette entre 5 et 20 fois la quantité d'oxydes d'azote autorisée, et la Jetta entre 15 et 35 fois. Elles ont pourtant passé les tests de l'Agence américaine de protection de l'environnement.

Des milliards d'euros de pertes pour Volkswagen

En mai 2014, l'ICCT alerte l'agence gouvernementale, ainsi que le Carb, l'agence californienne pour la qualité de l'air, qui déclenchent alors une enquête. La tricherie, dont Volkswagen a reconnu qu'elle concernait 11 millions de véhicules dans le monde, va coûter des milliards d'euros au géant allemand.

"Les ONG sont devenues un acteur incontournable dans la dénonciation des scandales" touchant les entreprises, assure Yann Louvel, du réseau associatif BankTrack, qui surveille le secteur bancaire. Pour lui, le scandale Volkswagen "confirme le rôle prépondérant joué par les ONG", mais "montre aussi qu'il y a un vide par ailleurs. On se demande comment les régulateurs traditionnels ont pu passer à côté de ça."

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