Volkswagen a voulu dissimuler un rapport gênant sur les mauvais résultats des tests menés sur des singes

Les essais devaient démontrer l'innocuité des nouveaux moteurs diesel, mais ont au contraire mis en évidence qu'ils étaient plus nocifs. 

Un test mené sur un pot d\'échappement d\'un modèle d\'une Volkswagen Golf, lundi 29 janvier 2018. 
Un test mené sur un pot d'échappement d'un modèle d'une Volkswagen Golf, lundi 29 janvier 2018.  (THOMAS KIENZLE / AFP)

Les résultats de ces expérimentations "ne devaient jamais sortir" car ils étaient "trop dévastateurs". Selon le quotidien allemand Bild, Volkswagen a cherché à dissimuler les résultats embarrassant de tests concernant les émanations du diesel menés sur des singes. La raison ? En plus de leur méthodologie des plus controversés, ces tests montraient que les émissions de ses véhicules récents étaient "plus nocives" que celles des anciens, affirme le quotidien dans son édition de mercredi 31 janvier. 

"Nous avons adressé ce rapport final il y a plusieurs mois et [les responsables de Volkswagen] l'ont contesté parce qu'il ne correspondait pas à leurs attentes", a écrit en août 2016 le laboratoire mandaté par l'organisme de recherche financé par Volkswagen, ses concurrents Daimler, BMW et l'équipementier Bosch.

Ces tests, initialement révélés par le journal américain New York Times, étaient réalisés sur des animaux enfermés dans des cages de verre où ils inhalaient quatre heures durant les gaz d'échappement d'une Beetle, suite de la Coccinelle et modèle phare de Volkswagen, et d'un Ford pick-up plus ancien. Les essais devaient démontrer l'innocuité des nouveaux moteurs diesel, mais ont au contraire mis en évidence que les animaux ayant inhalé les émanations d'un diesel supposé plus propre "présentaient plus de signes inflammatoires que ceux qui ont respiré l'ancien", a indiqué un expert à Bild.

Volkswagen continue d'investir dans le diesel

 "Il est regrettable que l'image du diesel (...) soit une nouvelle fois écornée", a déclaré à la chaîne de télévision allemande N-tv le patron de Volkswagen, Matthias Müller. Le numéro un mondial de l'automobile a d'ores et déjà réagi au scandale en suspendant de ses fonctions son lobbyiste en chef Thomas Steg pour son rôle dans l'organisation des tests. Cependant, Volkswagen maintient sa confiance dans le diesel. "Nous continuerons (...) à investir dans cette technologie et tenterons de réhabiliter le diesel", a ajouté Matthias Müller.

Fin 2015, Volkswagen a été secoué par le scandale d'émissions polluantes du "dieselgate", après avoir reconnu avoir équipé 11 millions de ses voitures diesel d'un logiciel faussant le résultat des tests anti-pollution et dissimulant des émissions dépassant jusqu'à 40 fois les normes autorisées.