Tests de pollution automobile : des seuils de tolérance doublés pour les émissions polluantes

L'Union européenne a réformé sa procédure pour mesure les émissions polluantes des moteurs. Mais celle-ci ne convainc pas les écologistes.

Une chaîne de montage de Volkswagen, le 21 octobre 2015, à Wolfsburg (Allemagne).
Une chaîne de montage de Volkswagen, le 21 octobre 2015, à Wolfsburg (Allemagne). (ODD ANDERSEN / AFP)

L'Union européenne a-t-elle tiré les conséquences du scandale Volkswagen ? L'UE a adopté, mercredi 28 octobre, de nouvelles procédures de tests des émissions polluantes. Cette réforme, qui a été imaginée au printemps, bien avant que le scandale des moteurs truqués n'éclate, introduit des tests en condition réelle, censés être plus fiables que les tests en laboratoire contournés par le constructeur allemand.

Pour être homologué, un véhicule devra désormais passer les deux tests, en laboratoire et sur route. Mais, pour éviter de recaler de nombreuses voitures neuves, ménager une industrie qui représente 12 millions d'emplois en Europe et prendre en compte "les limitations techniques" dans l'amélioration des moteurs diesel, la Commission a mis en place des seuils de tolérance. Une décision qui choque les défenseurs de l'environnement.

Des plafonds qui peuvent être largement dépassés

A partir de septembre 2017, les constructeurs vont bénéficier d'une marge de tolérance pour les émissions d'oxyde d'azote de 110% pour les nouveaux modèles mis en circulation, soit deux fois plus que le seuil de 80 mg/km stipulé actuellement par la législation européenne pour les tests en laboratoire. Puis à partir de janvier 2020, la différence sera ramenée à 1,5 fois (50%) pour tous les nouveaux modèles et ce de façon permanente, pour prendre en compte les contraintes de la conduite réelle.

L'accord réduit significativement les écarts observés entre les tests en laboratoire et les mesures en condition réelle, qui pouvaient être jusqu'à quatre fois supérieurs, souligne la Commission, des écarts notés dès 2010. "Le seuil n'est pas doublé. On a établi un test qui n'existait pas auparavant", s'est félicitée une source proche des négociations. "L'UE est la première et la seule région au monde à promouvoir des méthodes énergiques de tests", a vanté la commissaire européenne en charge de l'industrie, Elzbieta Bienkowska.

Les Verts voient rouge

Mais les chiffres présentés à l'issue du comité technique ont soulevé la colère des Verts et d'associations de protection de l'environnement. "Les citoyens vont se demander pourquoi leurs gouvernements préfèrent aider les constructeurs automobiles qui trichent lors des tests plutôt que de leur fournir un air propre à respirer", s'est indigné Greg Archer, de l'ONG Transport & Environment.

Les eurodéputés libéraux et Verts, qui ont voté la limite de 80 mg/km, sont aussi montés au créneau. "C'est un honteux coup monté qui une fois de plus place les intérêts des constructeurs automobiles devant la santé des gens", a tonné la libérale-démocrate Catherine Bearder dans un communiqué. "Les Etats-membres complotent dans le dos des citoyens pour autoriser les dépassements des plafonds autorisés", lui a fait écho l'écologiste Karima Delli.