Dieselgate : "la justice pénale est trop lente dans ces affaires", regrette l'avocat de propriétaires de véhicules

Le constructeur automobile Volkswagen a été mis en examen en France pour "tromperie" dans l'affaire du "Dieselgate", ce mercredi. Me François Lafforgue, avocat de plus d'une centaine de plaignants déplore la lenteur de la justice, soulignant qu'"aux États-Unis, en deux ans tout était plié et les victimes étaient indemnisées".

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Radio France
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Le géant Volkswagen est mis en examen en France pour "tromperie" dans l'affaire du "Dieselgate".  (FRANK HOERMANN/SVEN SIMON / SVEN SIMON)

Après Renault mardi, Volskwagen, géant de l'automobile allemande, a été mis en examen en France pour "tromperie" ce mercredi 9 juin dans le dossier du "Dieselgate". "La justice pénale est trop lente dans ces affaires", regrette ce mercredi sur franceinfo Me François Lafforgue, avocat des associations Écologie sans frontières, Respire et d'une centaine de propriétaires de véhicules.

Il estime que "cela aurait pu être beaucoup plus rapide". "Maintenant, ça suffit, allons nous expliquer devant le tribunal", réclame l'avocat.

franceinfo : Ces mises en examen ouvrent-elles la voie à un éventuel procès ?

Me François Lafforgue : Oui, c’est ce que nous attendons depuis maintenant près de six ans. Nous étions les premiers à avoir déposé plainte en septembre 2015 et on attend avec impatience ce procès. Je crois que tout a été fait pour que nous puissions avoir ce procès devant le tribunal correctionnel. Des expertises ont été ordonnées et les juges d’instruction ont même eu recours à la Cour de Justice de l’Union européenne, maintenant ça suffit, allons nous expliquer devant le tribunal. Aux États-Unis, en deux ans tout était plié et les victimes étaient indemnisées. En Allemagne, un milliard d’euros d’amendes ont été versés, et tout était réglé. Et aujourd’hui en France on n’a toujours pas de procès. Ça aurait pu être plus rapide bien évidemment, la justice pénale est trop lente dans ces affaires. Il y a des faits de tromperie aggravée manifestement et donc on demande que le procès ait lieu dans les meilleurs délais.

En quoi tout cela était une tromperie ?

C'est une tromperie parce que vous vendez un véhicule à des personnes qui pensent que ce véhicule est conforme à la règlementation, notamment en termes de pollution, donc des véhicules non polluants ou le moins possible. Et puis vous découvrez finalement qu’on vous a vendu un véhicule extrêmement polluant qui, quand vous le revendez n’a plus du tout la même valeur. Il y a un préjudice matériel, un préjudice sanitaire, c’est pour ça qu’on parle de tromperie aggravée, c’est-à-dire une atteinte à la santé de l’homme. Il y a aussi un préjudice moral pour tous ces propriétaires de véhicule qui ont été trompés tout simplement dans l’achat de ce véhicule.

Volkswagen a avoué, Renault de son côté nie toute fraude. Vous dîtes que c’est le même combat, la même chose ?

Je dis : qu’on ait ce débat devant le tribunal correctionnel ! Aujourd’hui, il est temps d’avoir ce débat, que les uns et les autres viennent s’expliquer devant les propriétaires et devant les associations qui défendent l’environnement et qui défendent la santé de ces utilisateurs. Aujourd’hui, il y a une crise de confiance pour les consommateurs, les utilisateurs, et à juste titre quand on voit le nombre de scandales de ce type qui s’accumulent. Après le Mediator, aujourd’hui le Dieselgate. Nous estimons qu’il doit y avoir des sanctions exemplaires : à la fois des sanctions pénales sous forme d’amendes, voire d’autres peines ; et la réparation des préjudices subis par les propriétaires.

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