Paris : des rythmes de travail intenables dans les sociétés chargées du contrôle des stationnements

Moovia et Streeteo sont des sociétés privées, des prestataires de la ville de Paris, chargées de contrôler le stationnement des véhicules. "Machine de guerre", rythme intenable, dossier épineux, découvrez ce qui se trame derrière nos PV.

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FRANCEINFO

Moovia, l'une des sociétés privées chargées qui contrôlent le stationnement Paris, nous a autorisés à embarquer. Elle a déjà gagné un surnom chez les automobilistes : "la sulfateuse à PV". La moisson est impressionnante. Sur la tablette, reliée à la caméra sur la voiture, chaque "bip" signifie que d'une plaque a été lu. "En moyenne, je tourne à 12 000 plaques par jour", explique l'un des employés de la société privée. "C'est ce que j'appelle une machine de guerre", ajoute-t-il.

Pour l'instant, cette "machine de guerre" n'est qu'en phase d'expérimentation. Dans quelques semaines, elle orientera les agents à pied vers les voitures en infraction. En attendant, les agents contrôlent chaque voiture, une part une. La machine va émettre un FPS, forfait post stationnement, le nouveau nom des PV.

"Ce sont des choses que j'ignore", déclare l'adjoint au transport de la ville de Paris

Du côté de Streeteo, la société concurrente qui gère le stationnement dans les deux tiers de la capitale, d'anciens agents racontent, sous couvert d'anonymat, leur expérience. Ils affirment avoir subi un rythme intenable. "Il fallait faire les 600" contrôles par jour, dénonce une ancienne employée.

Comment explorer cette course aux résultats ? Dans le contrat, que la ville a passé avec Streeteo et Moovia, la ville impose aux prestataires un nombre de contrôles minimum obligatoire. Ces objectifs s'élèvent, pour Streeteo, à 51 654 véhicules contrôlés par jour. L'adjoint de la maire Anne Hidalgo, Christophe Najdovski, gère le dossier épineux du stationnement. "Ce sont des choses que j'ignore", réagit-il, face aux textos de pression reçus par les anciens employés. Il se dit ne pas être au courant des conditions de travail opérées chez les prestataires.

Des agents du prestataire Streeteo sont soupçonnés d\'avoir effectué des milliers de contrôles fictifs.
Des agents du prestataire Streeteo sont soupçonnés d'avoir effectué des milliers de contrôles fictifs. (MAXPPP)