Journée sans voiture européenne : "La lutte pour la qualité de l'air ne doit pas être qu'une contrainte", selon le maire de Bruxelles

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, a expliqué, dimanche sur franceinfo, que la journée sans voiture "doit aussi être un moment où on se pose des questions de manière positive".

Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, le 13 mars 2018, à Bruxelles.
Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, le 13 mars 2018, à Bruxelles. (JEAN-MARC QUINET / MAXPPP)

Prière de laisser votre véhicule au garage, dimanche 15 septembre, à Paris entre 11 heures et 18 heures pour la quatrième année consécutive. Une journée sans voiture, "c'est surtout une façon dire aux gens, ce jour-là, pensez autrement", a expliqué, dimanche sur franceinfo, Philippe Close, bourgmestre de Bruxelles, alors qu'il a proposé samedi avec Anne Hidalgo, la maire de Paris, que soit instaurée chaque année une journée européenne sans voiture.

franceinfo : Quel est l'enjeu d'une journée sans voiture ?

Philippe Close : C'est surtout une façon de dire aux gens, ce jour-là, pensez autrement. L'enjeu, c'est aussi de dire que la défense de la planète ne doit pas toujours être subie et être une contrainte. Il y a aussi un côté ludique. La lutte pour la qualité de l'air ne doit pas être qu'une contrainte, cela doit aussi être un moment où on se pose des questions de manière positive. La journée sans voiture a un gros succès pour ça [à Bruxelles], parce que les gens découvrent nos villes, les villes où ils vivent, d'une façon différente et ludique.

À Paris, cette politique de gestion de la pollution de l'air ne se fait pas toujours facilement. Quel est la situation de Bruxelles ?

On a un énorme problème de congestion. Bruxelles est l'une des villes les plus embouteillée du monde. Il y a une vraie urgence par rapport à ça, mais le pari qui est fait, c'est de ne plus sacrifier les quartiers au "tout automobile". On a plus de 8 000 personnes par an qui meurent à cause des particules fines et à cause de la pollution de l'air en général. Au-delà du monde politique, c'est aussi la population qui se réveille, que ce soit près des écoles ou dans les environnements urbains. Il y a donc urgence et toutes les mesures qui permettront d'aider à la prise de conscience, mais aussi à la prise de décision, doivent être soutenues, d'où l'idée de cette journée européenne.

Certaines grandes villes ont totalement interdit la circulation dans le centre-ville ou les centres historiques. À Londres, il faut payer un péage très important. Pourriez-vous aller jusque-là à Bruxelles ?

Il y a eu des vrais débats sur les péages urbains, mais moi je dis toujours : "Attention aux politiques sociales que ça ne touche pas que les plus nantis et qu'ils deviennent les seuls qui auraient accès aux centres urbains en voiture." Il faut requalifier l'espace public, travailler sur des espaces piétonniers, développer les transports en commun et faire que les gens ne soient pas stigmatisés en fonction du mode de transport qu'ils utilisent. On peut comprendre qu'une famille ait besoin d'une voiture, ou que quelqu'un en ait besoin pour son travail, mais on leur demande ce jour-là de réfléchir à comment ils se déplacent, de ne pas avoir ce réflexe automatique de prendre la voiture.

Est-ce que Paris est un modèle ? Si oui, pourquoi ?

Paris a une ambition extrêmement intéressante. Quand on voit le combat qui est mené, on sait que c'est complexe parce que les résistances sont énormes, mais aujourd'hui il s'agit de la santé de concitoyens. On ne peut pas rester les bras ballants. Et au-delà des politiques parisiennes qui sont observées depuis toute l'Europe, c'est important d'avoir des réseaux de villes qui se mobilisent. En Europe, les maires parlent entre eux et il n'y a pas un maire qui ne défend pas une politique de qualité de l'air et d'alternative à l'automobile un peu partout dans ces centres urbains.