Prix des carburants : un "geste" fiscal pour les gros rouleurs seulement, la "moins mauvaise des options" pour le gouvernement ?

Le gouvernement envisage un crédit d'impôt en relevant le barème kilométrique pour une partie des automobilistes uniquement : ceux qui préfèrent la déduction des frais professionnels pour leur montant réel plutôt que la déduction forfaitaire de 10%. franceinfo fait le point.

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Un automobiliste fait le plein, à Besançon (Doubs), le 20 janvier 2022. (LUDOVIC LAUDE / MAXPPP)

Quel nouveau geste en direction du pouvoir d'achat ? Face à des prix du carburants à la pompe qui n'ont jamais été élevés, Bruno Le Maire a exclu lundi 24 janvier sur franceinfo de baisser la fiscalité sur les carburants parce que "les Français n'en verront pas la couleur". Le ministre de l'Economie a en revanche affirmé que l'on "peut envisager des mesures spécifiques pour ceux qui n'ont pas d'autre choix que d'aller travailler avec leur voiture". En clair, cette fois-ci, le gouvernement privilégie un geste fiscal, ciblé en direction des gros rouleurs. C'est d'ailleurs la seule piste étudiée en ce moment  sérieusement par Bercy, qui envisage concrètement un geste fiscal sous forme de crédit d'impôt en relevant le barème kilométrique.

De quoi s'agit -t-il précisément ?

Aujourd'hui, les salariés bénéficent automatiquement d'une déduction forfaitaire de 10% sur leur impôt sur le revenu. Mais si vous roulez beaucoup pour votre travail, vous pouvez choisir une déduction fiscale calculée sur la base d'un forfait kilométrique. C'est le cas, par exemple, des représentants de commerce ou encore des aides à domicile, qu'ils soient salariés ou indépendants. L'idée est donc de relever le barème existant. De combien ? "Trop tôt pour le dire" répond Bercy.

Ce sont au total deux millions et demi de foyers fiscaux qui bénéficieront de cette mesure, si elle est retenue. Son avantage : elle ne coûterait pas cher aux Finances publiques. Son inconvénient : elle exclut d'office tous les Français qui ne payent pas l'impôt sur le revenu, soit quasiment un ménage sur deux.

C'est en quelque sorte "la moins mauvaise des options", selon le gouvernement, puisqu'il n'est pas question pour lui de baisser les taxes sur les carburants réclamée pourtant par beaucoup d'associations de consommateurs et proposée par de nombreux candidats à la présidentielle. Cela coûte trop cher aux caisses de l'Etat pour un résultat nul en cas de nouvelle hausse du prix du baril, selon Bruno Le Maire. 

Pas de "chèque" avant les élections

Un coup de pouce de 100 euros a déjà été annoncée à l'automne pour 38 millions de foyers : c'est l'indemnité inflation, toujours en cours de versement. Un nouveau chèque n'est donc pas à l'ordre du jour pour une question de coût et de calendrier électoral : tout coup de pouce doit être validé par le Parlement dans le cadre d'un projet de loi de finances rectificative. 

Cette mesure du relèvement du forfait kilométrique étudiée en ce moment est donc l'occasion pour l'exécutif de montrer qu'il est mobilisé pour ceux qui sont fortement impactés par la hausse du prix des carburants, mais en même temps, "cette mesure, on ne la survend pas", confiait une source au sein de l'exécutif à franceinfo, "car on sait bien que son gain politique sera limité".

Ces derniers jours, le litre de sans plomb atteint 1,69 euro en moyenne, une hausse de 3,3 centimes par rapport à la semaine dernière.

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