Blocage de dépôts pétroliers : plus qu'un seul dépôt bloqué, des stations-service en rupture totale de carburant

Des professionnels du BTP poursuivent leur mobilisation contre la volonté du gouvernement de supprimer l'avantage fiscal dont ils bénéficient sur le gazole non routier.

Blocage du dépôt pétrolier de Lorient, le 29 novembre 2019.
Blocage du dépôt pétrolier de Lorient, le 29 novembre 2019. (VINCENT MOUCHEL / MAXPPP)

Mardi 3 décembre après-midi, il ne restait plus que le dépôt de Lorient (Morbihan) de bloqué. Cinq dépôt sur 200 avaient été bloqués par des professionnels du BTP qui protestaient contre la fin de leur avantage fiscal sur le gazole non routier (GNR), qu'ils utilisent pour leurs engins de chantier.

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Les cinq dépôts concernés étaient au Mans, à Vern-sur-Seiche près de Rennes, à Brest, à Lorient et à La Pallice, près de La Rochelle. La raffinerie de Donges, près de Saint-Nazaire, est également perturbée. Les blocages ont été levés par les manifestants ou par les gendarmes.

Les dépôts pétroliers concernés par les blocages, mardi 3 décembre.
Les dépôts pétroliers concernés par les blocages, mardi 3 décembre. (GOOGLE MAPS)

Ce mouvement dont l'ampleur ne suffisait pas en soi à créer une pénurie de carburant a pourtant provoqué des ruptures de stocks dans certaines stations-service, en raison de l’afflux d’automobilistes qui ont fait le plein par anticipation. Près de 500 stations étaient en rupture totale de carburant, mardi, et environ 70 en rupture partielle, essentiellement dans l'ouest de la France. Selon Francis Pousse, le président national des propriétaires-exploitants de stations-service au CNPA (Conseil national des professions de l'automobile), ces chiffres étaient exagérés. D'après les remontées effectuées directement par les distributeurs deux fois par jour, seule une centaine de stations étaient concernés mardi matin par une rupture partielle ou totale de carburant.

Une réunion s'est tenue lundi à Bercy entre le ministre de l'Économie Bruno Le Maire et une délégation de professionnels du BTP. Les représentants du BTP ont obtenu des avancées mais pas sur leur revendication principale, repousser la fin de la défiscalisation du gazole non-routier.

Blocage levé à La Rochelle (Charente-Maritime), Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) et Brest (Finistère)

À La Pallice, près de La Rochelle (Charente-Maritime), les professionnels ont levé le blocage du dépôt pétrolier à la mi-journée, mardi 3 décembre, encadrés par les forces de l'ordre. Le blocage avait été levé une première fois vendredi après-midi, avant de reprendre dans la nuit de dimanche à lundi.

L'opération d'évacuation du site du dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche (Ille-et-Vilaine) est terminée, a annoncé la préfecture à franceinfo. 140 gendarmes sont arrivés mardi vers 4h15 pour déloger les entreprises des travaux publics présentes depuis vendredi dernier pour dénoncer la hausse du gazole non routier. L'opération s'est déroulée dans le calme. "Les stations d'Ille-et-Vilaine vont pouvoir être à nouveau progressivement approvisionnées", indique la préfecture. Les gendarmes ont libéré les accès au dépôt pétrolier, afin d'assurer l'approvisionnement des stations-service, a annoncé la préfecture. Deux personnes ont été placées en garde à vue pour délit d'entrave et rébellion, rapporte France Bleu Breizh Izel. Selon la préfecture, la situation dans les stations-service d'Ille-et-Vilaine devrait donc rentrer dans l'ordre d'ici 24 heures.

Le dépôt pétrolier de Brest (Finistère) a été débloqué mardi matin, indique France Bleu Breizh Izel. Les manifestants sont partis d'eux-mêmes. Arrivés dans la nuit de jeudi à vendredi, des véhicules empêchaient les camions citernes de se réapprovisionner. Ceux qui bloquaient le dépôt pétrolier avaient organisé des roulements pour tenir toute la semaine, explique France Bleu Breizh Izel.  À Brest, les stations-service commencent à être réalimentées en carburant. 

Dans les Côtes d'Armor, la secrétaire générale de la préfecture a décidé de prendre un arrêté de réquisition de plusieurs stations-service afin de permettre aux véhicules chargés d'une mission prioritaire de disposer d'un accès réservé. C'est le cas des véhicules de secours et soins à la personne notamment. Au total, sept stations-service ont été réquisitionnées à Dinan, Guingamp, Paimpol, Lannion et Saint-Brieuc. Lundi, les préfectures d'Ille-et-Vilaine et du Finistère avaient pris des arrêtés similaires.

Blocage toujours en cours à Lorient (Morbihan)

Seul le dépôt de Lorient (Morbihan) est encore bloqué par les entrepreneurs, qui espèrent faire changer d'avis le gouvernement. Le blocage a commencé jeudi soir pour protester contre la suppression de la fiscalité réduite sur le gazole non routier (GNR).

Donges (Loire-Atlantique) : la raffinerie au ralenti

Depuis lundi, une vingtaine de camions et d'engins de chantier se sont positionnés aux abords du dépôt de Donges, près de Saint-Nazaire, mais ils sont trop peu nombreux pour empêcher les camions-citernes de faire le plein. Ils ralentissent simplement les entrées et les sorties. Des renforts étaient attendus sur place, selon France Bleu Loire Océan.

Le Mans (Sarthe) : fin du blocage

Après cinq jours de blocage du dépôt pétrolier du Mans, les professionnels des travaux publics ont mis fin à leur action mardi, rapport France Bleu Maine. Ils n’ont pas obtenu de nouveau délai pour la suppression de l'avantage fiscal sur le gazole non routier. Plus d'une cinquantaine de patrons d'entreprises de BTP s'étaient relayés jour et nuit pour bloquer le dépôt pétrolier. Le Conseil national des professions de l'automobile se veut rassurant et affirme que 15% des stations-service sarthoises sont en rupture totale ou partielle de carburant.