Baisse de la production de l'OPEP : "Il faut s'attendre à une hausse des prix à la pompe"

L'Organisation des pays exportateurs de pétrole a décidé de réduire sa production de 1,5 million de barils par jour, ce qui va avoir des conséquences sur le prix de l'essence, selon Matthieu Auzanneau, directeur du think tank The Shift Project.

Une personne faisait le plein dans une station-service, en novembre 2018 (photo d\'illustration).
Une personne faisait le plein dans une station-service, en novembre 2018 (photo d'illustration). (STÉPHANIE BERLU / FRANCE-INFO)

"Il faut s'attendre à une hausse des prix à la pompe", a estimé jeudi 6 décembre sur franceinfo Matthieu Auzanneau, directeur du think tank sur la transition énergétique The Shift Project, après la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de réduire la production de 1,5 million de barils par jour.

Pour autant, difficile d'évaluer de combien sera la hausse : "Il y a un décalage entre l'évolution des cours du baril et leur répercution sur les prix à la pompe car il y a des stocks dans les raffineries. Entre le moment où le baril est pompé et le moment où il arrive à la station-service, il se passe plusieurs semaines" explique-t-il. "On a eu une évolution à la baisse des cours du baril ces dernières semaines qui n'a pas eu le temps de se répercuter sur les prix à la pompe, donc c'est assez incertain".

Évolution "prévisible"

"Ce qui est sûr, c'est que le gouvernement va maintenir la pression sur les compagnies pétrolières et sur les raffineurs pour qu'ils réduisent leurs marges", explique encore Matthieu Auzanneau. Selon lui, le prix du pétrole brut représente "entre 40 et 50% des prix à la pompe". Après cet accord de l'Opep, le prix du baril devrait remonter "à plus de 70 dollars et cela aura forcément une influence sur le prix de l'essence".

"C'était une évolution prévisible : les pays producteurs de pétrole ont besoin d'un prix du baril élevé pour équilibrer leurs budgets", explique-t-il. "Ce qu'il nous manque encore, c'est la position de la Russie, qui ne fait pas partie de l'Opep, mais qui est associée aux décisions de l'Opep depuis des années. C'est un producteur très important. Il y a une incertitude encore sur la position russe : Moscou a un accord de principe pour fermer quelque peu ses vannes, mais on ne sait pas encore à quel point."