Volkswagen : le dieselgate a "accéléré la chute du diesel" au profit des voitures essence

Le premier procès majeur de Volkswagen s'est ouvert cette semaine en Allemagne après la scandale des moteurs truqués.

Des voitures roulent sur le péripherique parisien un jour de pollution, en juillet 2018. 
Des voitures roulent sur le péripherique parisien un jour de pollution, en juillet 2018.  (GERARD JULIEN / AFP)

Volkswagen a vu s'ouvrir lundi 10 septembre son premier procès majeur en Allemagne pour avoir truqué des moteurs diesel, près de trois ans après le début de ce scandale. Paradoxalement, le groupe a battu son record de ventes l'année dernière. En cause, "la dimension environnementale qui est un critère tout à fait mineur dans les critères d'achat des automobilistes", a expliqué mardi 11 septembre sur franceinfo l'économiste Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile. Selon lui, cette affaire a accéléré la chute du diesel, sans profiter au "100% électrique". 

franceinfo : Est-ce qu'on sait aujourd'hui combien cette affaire va coûter au groupe allemand, qui a déjà perdu 27 milliards d'euros en rappels de véhicules et en frais de justice ?

Flavien Neuvy : Non, c'est impossible de répondre précisément à cette question, pour une raison simple : c'est qu'il y a encore de nombreux procès qui sont en cours. Celui qui démarre cette semaine concerne un volet spécifique, ce sont les actionnaires qui réclament réparation parce que le cours de l'action s'était effondré. Mais il y a encore beaucoup d'autres affaires qui sont en cours et d'autres procès qui vont commencer dans d'autres pays.

L'an dernier, Volkswagen a battu son record de ventes : 10 millions de voitures vendues. Comment le groupe a-t-il fait pour se relever aussi vite du dieselgate ?

Ce qui est très frappant, c'est que c'est un scandale planétaire mais qui n'a effectivement pas eu d'impact majeur sur les ventes de Volkswagen. Pour une raison assez simple : quand les automobilistes achètent une voiture, ils ont des critères très précis. D'abord le prix, ensuite la fiabilité et enfin le design. Et au fond, la dimension environnementale est un critère tout à fait mineur dans les critères d'achat des automobilistes. Et c'est vrai que dans ce dieselgate, la fiabilité des modèles n'a pas été remise en cause, les prix n'ont pas changé et le design non plus. Les principaux critères d'achat n'ont pas été impactés par ce scandale.

Volkswagen a tout de même annoncé toute une série de modèles électriques ou hybrides… Peut-on au moins dire que l'affaire des moteurs diesel truqués a accéléré le mouvement ?

Elle a surtout accéléré la chute du diesel. Quand on regarde les ventes de diesel en Europe et en France, qui avaient atteint pratiquement 75% des volumes en 2012, elles n'ont pas cessé de baisser : on est aujourd'hui à moins de 40%. Ce qui est frappant, c'est que ça n'a pas profité au 100% électrique qui reste encore très marginal dans les ventes de voitures neuves, mais plutôt à l'essence. Or, l'essence, ce sont des voitures qui consomment davantage de carburant et qui émettent plus de CO2. Résultat, l'année dernière en France, pour la première fois depuis 20 ans, les émissions de CO2 liées aux ventes de voitures sont reparties à la hausse.