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Retraite chapeau de Philippe Varin : retour sur la polémique

Appelé à céder son poste à Carlos Tavares en 2014, le dirigeant dénonce des "idées fausses" sur les 21 millions d'euros que le groupe a provisionnés.

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France Télévisions
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Philippe Varin, le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, le 25 novembre 2013 à Paris. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Il est monté au créneau après les révélations syndicales. Le président du directoire de PSA Peugeot Citroën, Philippe Varin, a contesté, mercredi 27 novembre, les informations divulguées par la CGT sur sa retraite chapeau. 

Mardi, la CGT a affirmé que le patron, 61 ans, toucherait bientôt une retraite s'élevant à un million d'euros par an. Selon le syndicat, l'entreprise a déjà provisionné 21 millions d'euros pour alimenter cette retraite complémentaire. Une annonce qui a choqué les syndicats de PSA, confrontés à une crise profonde depuis plusieurs années, et de nombreux politiques. L'indignation est partagée par la classe politique, alors que l'instance déontologique du patronat s'est autosaisie du dossier. 

"Je comprends bien que les chiffres qui circulent depuis hier à propos de ma retraite complémentaire suscitent autant de réactions. Mais ils reposent sur des idées fausses", a déclaré Philippe Varin sur France info. Qu'en est-il réellement ? Explications.

Comment s'est défendu Philippe Varin

"A mon départ du groupe, le moment venu, je ne toucherai aucune indemnité de départ", assure le principal intéressé, tout en reconnaissant qu'il "bénéficiera d'une retraite complémentaire, d'environ 300 000 euros nets annuels"

Il poursuit et précise : "Je ne toucherai donc ni maintenant, ni plus tard, la somme des 21 millions d'euros dont on parle". Philippe Varin ajoute qu'il a "volontairement renoncé à toute rémunération variable". Et d'insister : "J'ai donc zéro stock option et zéro bonus."

Philippe Varin assure, mercredi, que "les 21 millions dont on parle, c'est un calcul comptable sur 25 ans et qui comprend pour les 2/3 des impôts et taxes. Je ne les toucherai donc pas, ni maintenant, ni plus tard."

Pour l'instant, la rémunération fixe annuelle de Philippe Varin s'élève à 1,3 million d'euros, selon le document de référence de l'entreprise (PDF)

D'où vient ce chiffre de 21 millions d'euros ?

Il est officiel et n'a pas été inventé par la section CGT de Sochaux, où se situe le siège de PSA. Le groupe écrit dans un communiqué que ces 21 millions d'euros sont une provision sur 25 ans "pour couvrir le complément retraite" qui serait "versé" à Philippe Varin "dans la durée, dans le cas où il achèverait effectivement sa carrière dans le Groupe et tenant compte d'un départ à 65 ans". PSA ajoute que "l'essentiel de cette somme est constitué de taxes, impôts et cotisations".

Le porte-parole du groupe a également remarqué, mardi, que "ce dispositif est applicable en fonction d'un départ à 65 ans. Philippe Varin en a 61". Cette annonce intervient alors que son successeur, Carlos Tavares, a été officiellement recruté en vue d'un passage de témoin en 2014.

Anne Valleron, représentante de la CFE-CGC à PSA, a également relativisé ce chiffre : "D'abord, les 21 millions cités ne prennent pas en compte les futurs prélèvements. Ensuite, M. Varin n'y aura droit que s'il prend sa retraite immédiatement après avoir quitté le groupe. Donc cela ne me choque pas : si cette histoire est notre seul sujet d'inquiétude, plutôt que de trouver comment vendre nos véhicules, tout va bien."

Est-ce un montant particulièrement élevé ?

En août 2010, le même magazine indiquait que les trente retraites chapeaux les plus élevées atteignaient en moyenne 720 000 euros par an. L'année suivante, L'Expansion estimait que cette retraite allouée par les entreprises assurait une rente moyenne de 545 000 euros, laquelle "vient s'ajouter à la pension du régime obligatoire". Mais là aussi, apparaissent des disparités : Franck Riboud (Danone), Jean-Paul Agon (L'Oréal) et Henri de Castries (Axa) sont assurés de toucher plus d'un million d'euros par an à leur départ.

Va-t-il y renoncer ? 

En février, Philippe Varin avait renoncé à la part variable de sa rémunération pour l'année 2012. Une décision qu'il avait également prise au titre de l'exercice 2011. Jean-Pierre Mercier, délégué CGT à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, en cours de fermeture, a appelé le président à réitérer cet effort en renonçant à sa retraite chapeau, relève Le Figaro : "Bien sûr que c'est choquant, bien sûr qu'il devrait y renoncer", estime le syndicaliste.

Cette annonce a aussi fait réagir les politiques qui, de tous bords, ont appelé les dirigeants à ne pas être trop gourmands.

"Ça fait beaucoup trop, ça a même un parfum d'indécence", a critiqué François de Rugy, coprésident du groupe Europe Ecologie-Les Verts à l'Assemblée. "C'est déjà arrivé que des dirigeants y renoncent", a rappelé pour sa part l'UDI Jean-Louis Borloo, sur BFMTV. Pour l'ancien président UMP de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer, "il serait bienvenu" que les plus hauts dirigeants d'entreprises en difficulté décident d'"une diminution" de leurs avantages, voire d'"un renoncement" lorsque "les résultats ne sont pas satisfaisants".

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