"Presque tous les suspects sont traités comme ça au Japon" : près de deux mois après son arrestation, Carlos Ghosn reste en détention

Le PDG de Renault est maintenu en détention au Japon. Sa demande de remise en liberté a été rejetée. 

La salle du tribunal où Carlos Ghosn a été entendu le 8 janvier à Tokyo. 
La salle du tribunal où Carlos Ghosn a été entendu le 8 janvier à Tokyo.  (KIYOSHI OTA / POOL)

Après avoir clamé son innocence, Carlos Ghosn reste derrière les barreaux. Le PDG de Renault, arrêté au Japon le 19 novembre, a vu sa demande de remise en liberté rejetée par le tribunal de district de Tokyo mercredi 9 janvier.

"La détention de 50 jours, c'est normal" 

Cette demande n'avait quasiment aucune chance d’aboutir. Il n'était pas question pour le tribunal de perdre la face après une séquence peu appréciée par le procureur, dont l’accusation a été malmenée devant la presse internationale. Gunji Yasushi, journaliste à l’agence de presse japonaise Kyodo s’attendait à cette décision. "Presque tous les Japonais pense que c'est normal de refuser la demande de libération. Presque tous les suspects sont traités comme ça au Japon. Par exemple, la détention de 50 jours sans rencontrer sa famille, ni avoir de conseils de son avocat, c'est normal", assure-t-il à franceinfo. 

Un procès dans plusieurs mois

La prochaine échéance pour Carlos Ghosn sera vendredi avec, cette fois-ci, la fin de sa garde à vue. Ensuite, s’ouvre le champ des possibles du système judiciaire japonais. L’ancien patron de Nissan peut faire l’objet d’une nouvelle arrestation, ce qui le laisserait automatiquement derrière les barreaux. Il peut aussi être inculpé, ce qui ouvrirait théoriquement la voie à une libération sous caution. Mais même ses avocats disent ne pas espérer une sortie de prison de leur client avant un procès, qui devrait se tenir dans plusieurs mois.