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Japon : Carlos Ghosn reste en prison et fait l'objet d'un troisième mandat d'arrêt

La veille, un tribunal de la capitale japonaise avait refusé de prolonger la détention du PDG de Renault, un coup de théâtre qui laissait envisager que Carlos Ghosn pourrait être rapidement libéré sous caution.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Un piéton regarde un programme d'informations consacré à Carlos Ghosn à Tokyo (Japon), le 20 novembre 2018. (BEHROUZ MEHRI / AFP)

Nouveau rebondissement judiciaire : Carlos Ghosn a fait, vendredi 21 décembre, l'objet d'un troisième mandat d'arrêt au Japon sur des charges supplémentaires, anéantissant ses espoirs d'une libération immédiate. L'arrestation du PDG de l'alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, le 19 novembre à Tokyo, avait fait l'effet d'un coup de tonnerre. Sa longue garde à vue avait ensuite étonné à l'étranger et le système judiciaire japonais s'était retrouvé sous le feu des critiques.

Les médias avaient annoncé qu'il resterait sous les verrous jusqu'à la fin de l'année, voire au-delà, mais le tribunal a désavoué jeudi le parquet, refusant d'étendre la garde à vue du dirigeant de 64 ans et rejetant ensuite l'appel des procureurs. Une libération sous caution semblait alors imminente, mais c'était compter sans sur la ténacité du parquet, furieux selon les médias japonais d'avoir été désavoué la veille.

Le bureau des procureurs a ainsi décidé d'arrêter de nouveau Carlos Ghosn, ce qui lui donne 48 heures supplémentaires pour l'interroger sur de nouvelles charges, d'abus de confiance cette fois. La durée de cette garde à vue peut néanmoins être encore étendue. Selon le parquet, Carlos Ghosn est soupçonné d'avoir "failli à sa fonction de PDG et d'avoir causé un préjudice à Nissan". Concrètement, le parquet lui reproche d'avoir "imputé sur les comptes de la société des pertes d'investissements personnels", ce que Ghosn nie, selon la chaîne publique NHK.

L'alliance Renault-Nissan dans la tourmente

Pour le moment, le Franco-libano-brésilien a été inculpé le 10 décembre pour avoir omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années, de 2010 à 2015. Son bras droit Greg Kelly, arrêté en même temps que lui, a aussi été mis en examen. Les deux hommes sont également soupçonnés de minoration d'émoluments sur la période 2015-2018, pour un montant de 4 milliards de yens.

Pour Carlos Ghosn, qui séjourne actuellement dans une petite cellule d'un centre de détention de Tokyo, c'est une troisième étape qui s'ouvre sur le front judiciaire. Un imbroglio qui risque d'alimenter les critiques sur la justice nipponne.

Pendant ce temps, l'alliance Renault-Nissan est dans la tourmente. Les constructeurs japonais Nissan et Mitsubishi Motors ont déjà révoqué à l'unanimité Carlos Ghosn de la présidence de leurs conseils d'administration, mais le groupe français Renault l'a maintenu à son poste. De son côté, Nissan se prépare à une éventuelle libération de son ancien sauveur, qu'il accuse aujourd'hui de tous les maux, notamment d'avoir utilisé des résidences de luxe dans le monde entier aux frais de la compagnie.

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