Carlos Ghosn se dit "faussement accusé" lors de sa première comparution devant un juge au Japon

Le patron de Renault est accusé d'avoir minoré sa rémunération en tant que président du conseil d'admnistration de Nissan. Il est également mis en examen pour abus de confiance.

Carlos Ghosn à Paris, le 1er octobre 2018.
Carlos Ghosn à Paris, le 1er octobre 2018. (ERIC PIERMONT / AFP)

Il a comparu, mardi 8 janvier, pour la première fois devant un juge, à sa demande, près de deux mois après son arrestation surprise à Tokyo, au Japon. Le PDG de Renault, Carlos Ghosn, s'est dit "faussement accusé et détenu de manière injuste". Vêtu d'un costume sombre, sans cravate, sandales vertes en plastique au pied, il est apparu nettement amaigri, les joues creuses, menotté, avec une corde autour de la taille avant le début de la séance qui a duré quasiment deux heures, de 10h30 à 12h15 (heure locale).

S'exprimant en anglais, Carlos Ghosn a ainsi rappelé avoir dédié "deux décennies de sa vie à relever Nissan", une entreprise qu'il dit aimer. Il a affirmé "avoir agi avec honneur, légalement et avec la connaissance et l'approbation des dirigeants de la compagnie", selon une déclaration écrite qu'il a lue.

Le patron de Renault a assuré n'avoir nullement fait couvrir des pertes personnelles à Nissan et a détaillé les transactions pour lesquelles il est accusé d'abus de confiance, assurant que les sommes versées par une filiale de Nissan à un homme d'affaires saoudien l'ont été en rétribution de services rendus pour aider le groupe dans la région du Golfe.

Le patron de Renault reste incarcéré

Le juge a justifié de son côté son maintien en détention par un risque de fuite à l'étranger "où il a des bases" et d'altération de preuves. "Il y a suffisamment d'éléments pour estimer que le suspect pourrait inciter des personnes concernées à dissimuler des infractions", a argué le magistrat.

Carlos Ghosn a été mis en examen le 10 décembre pour dissimulation d'une partie de ses revenus : environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) sur cinq années, de 2010 à 2015. A l'issue de sa première garde à vue, l'homme d'affaires a fait l'objet d'un nouveau mandat d'arrêt pour une minoration similaire d'émoluments, mais cette fois entre 2015 et 2018, puis d'un troisième, pour abus de confiance.

Après des espoirs de libération déçus en décembre, le magnat automobile arrive vendredi au bout de sa troisième garde à vue, mais il peut rester en prison dans l'attente de son procès ou même être arrêté sur de nouvelles charges.