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Areva : Hollande demande un rapprochement avec EDF

Areva confirme ses pertes, de lourdes pertes pour 2014 : 4,8 milliards d'euros. Le spécialiste public du nucléaire prévoit un plan d'économies dont il a dévoilé ce mercredi matin les grandes lignes. Le ministre du Travail assure que "si des suppressions de postes s'avèrent nécessaires, ce sera sans licenciement".
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Radio France
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 (Les pertes d'Areva vont-elles susciter des chansons, ou les auteurs sont-ils plus inquiets d'autre chose ?)

"On va suivre ça de près ", a réagi immédiatement mercredi matin le ministre du Travail François Rebsamen chez nos confrères de France Inter, alors que le groupe Areva a officialisé ses lourdes pertes et son intention de mettre en oeuvre un plan d'économies. "Si des suppressions de postes s'avèrent nécessaires pour redresser la situation financière d'Areva, ce sera sans licenciement ", a assuré le ministre du Travail.

Dans la matinée Ségolène Royal ministre de l'Ecologie a également indiqué que "a priori, il n'y aura pas de licenciements prévus. Il y aura des départs volontaires ou des départs anticipés en partenariat et en discussion avec les organisations de salariés ". De son côté, le directeur général du groupe n'exclut pas des suppressions d'emploi, mais "nous ferons tout pour que, s'il doit y avoir des départs, ils se fassent sur la base du volontariat ", a ajouté Philippe Knoche.

4,8 milliards d'euros de perte en 2014

Ce mercredi matin, le groupe Areva a confirmé une perte collossale : 4,8 milliards d'euros pour 2014. Il va donc lancer un plan d'économies d'un milliard d'euros à horizon 2017.  Ce plan inclura "des partenariats comportant un volet financier " et un "renforcement de ses fonds propres ". Il passera par un recentrage sur "le coeur des procédés nucléaires ", une refonte du partenariat avec EDF et un renforcement d'Areva en Chine, indique le groupe.

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Un éventuel rapprochement avec EDF ?

C'est ce qu'a souhaité le président de la République en personne ce mercredi soir. François Hollande demande aux dirtigeants des deux groupes d'y travailler "pour dans quelques mois ". Il appelle par ailleurs à engager "au plus vite " le dialogue social et avec les élus des sites concernés. "Les personnels doivent être garantis parce que ces personnels ont un savoir-faire reconnu en France et dans le monde ", a-t-il fait valoir.

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Le directeur du groupe précise que les discussions sur un éventuel rapprochement capitalistique avec EDF n'auront lieu que dans un scond temps". "Aujourd'hui, les discussions avec EDF portent sur des points opérationnels, les éventuelles discussions capitalistiques interviendront dans un second temps ", a dit Philippe Knoche

Areva analyse ses difficultés par plusieurs facteurs : "la stagnation durable des activités nucléaires, le manque de compétitivité et la difficile gestion des risques inhérents aux grands projets ". Le groupe va donc se "recentrer sur son coeur de métier, la maîtrise des procédés nucléaires clés pour le fonctionnement du parc mondial. Ce recentrage stratégique conduira à la révision de certaines ambitions, que ce soit dans la conduite des projets de nouveaux réacteurs ou dans les énergies renouvelables ".

L'Etat "prendra au moment venu ses responsabilités"

L'Etat a réagi dans un communiqué : "La filière nucléaire française est un facteur essentiel de la souveraineté et de l’indépendance énergétique de notre pays. Composée de 2.500 entreprises et 220.000 salariés, elle joue un rôle stratégique pour l’économie française ". "Dans ce contexte, l’Etat examinera les propositions des directions générales d'EDF et d'AREVA qui se sont engagées dans des discussions en vue d’une refondation industrielle de la filière française ", poursuit-il.

"L’Etat étudiera avec attention les conclusions de ces travaux, et prendra le moment venu ses responsabilités en sa qualité d’actionnaire et au regard de ses responsabilités, en termes d’organisation de la filière nucléaire française ", conclut le comuniqué.

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