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Alors que l'Europe a les yeux tournés vers la Grèce, la dette américaine ne cesse d'augmenter

La dette publique américaine va atteindre 14.300 milliards de dollars actuellement et le déficit fédéral américain devrait atteindre les 1.500 milliards de dollars cette année.Face à ces chiffres, le parlement américain a du mal à se mettre d'accord sur une politique budgétaire plus équilibrée.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des dollars (AFP)

La dette publique américaine va atteindre 14.300 milliards de dollars actuellement et le déficit fédéral américain devrait atteindre les 1.500 milliards de dollars cette année.

Face à ces chiffres, le parlement américain a du mal à se mettre d'accord sur une politique budgétaire plus équilibrée.

L'agence de notation Moody's Investors Service a annoncé jeudi qu'il y avait un risque très faible, mais en hausse, de défaut momentané. En effet, le parlement fédéral doit parvenir à un accord pour autoriser une modification du plafond de la dette...qui devrait être atteint en aôut. Or, en cas de désaccord, certaines obligations pourraient ne plus être payées. D'où l'inquiétude, très théorique, de l'agence de notation.

Résultat, au Congrès, les négociations entre démocrates, qui tiennent le Sénat et républicains désormais majoritaires à la Chambre des représentants, pour relever le plafond de la dette - 14.300 milliards de dollars actuellement - sont très difficiles. Il faut qu'elles aboutissent avant que le Trésor ne soit à court de fonds, ce qui pourrait se produire selon lui début août. A ce moment-là, le pays pourrait faire défaut sur sa dette.

Les républicains disent qu'ils n'accepteront pas de relever le plafond de la dette sans engagement symétrique de réduction des dépenses publiques. Ils ne sont pas d'accord sur des augmentations d'impôt pour réduire le déficit budgétaire. "Nous sommes déterminés à travailler ensemble, démocrates et républicains, la Chambre et le Sénat, la Maison blanche et le Congrès, pour faire en sorte qu'il n'y ait pas de défaut sur la dette ", a déclaré Nancy Pelosi, leader démocrate de la Chambre.

Le secrétaire au Trésor Timothy Geithner n'a pas fait de commentaire sur l'annonce de Moody's mais a dit espérer que la Maison blanche et le Congrès parviennent à un accord sur la réduction des déficits. "Je suis persuadé que deux choses vont se passer cet été : nous éviterons une crise de défaut et nous allons parvenir à un accord sur un programme budgétaire à long terme", a déclaré le secrétaire au Trésor après avoir rencontré les républicains à la Chambre des représentants.

Barack Obama a dit vouloir réduire le déficit budgétaire des Etats-Unis de 4.000 milliards de dollars sur les 12 ans à venir, mais il veut parvenir à ce chiffre de façon "équilibrée", c'est-à-dire en relevant aussi la fiscalité sur les plus riches et pas uniquement en réduisant les programmes de dépenses qui bénéficient principalement aux ménages les plus modestes.

Craintes sur le dollar
Renforcées par les questions budgétaires, des craintes apparaissent sur la solidité du dollar, monnaie de réserve mondiale. Des craintes que les derniers chiffres de l'économie américaine pourraient raviver.

Les derniers indices montrent en effet que malgré une politique monétaire très laxiste et une politque budgétaire très accomodante, la reprise a du mal à s'installer. La productivité des entreprises américaines a nettement ralenti au premier trimestre et les commandes aux industries manufacturières ont baissé en avril. Du côté de l'emploi, les nouvelles inscriptions au chômage ont certes reculé cette semaine, mais cette baisse s'est révélée inférieure aux attentes.

Des économistes ont d'ailleurs fait du bruit ces derniers mois en affirmant que le dollar pourrait s'effondrer et non pas l'euro. C'est ainsi qu'une journaliste suisse, Myret Zaki, affirme dans un livre virulent, Dollar, le début de la fin, que les jours du billet vert sont comptés. Pour l'économiste français Edouard Tetreau, la vision de la monnaie américaine n'est guère plus optimiste. Dans son livre Quand le dollar nous tue, il voit déjà les conséquences d'une crise du dollar.

Certes les craintes sur la santé du dollar ne sont pas nouvelles. "Cela fait de nombreuses années déjà que les déséquilibres extérieurs colossaux et croissants de l'économie américaine font redouter une chute brutale du dollar : les épargnants du reste du monde, notamment chinois, finissant par prendre peur, refuseraient de continuer à prêter à des Américains surendettés", écrivait déjà en 2009 Guillaume Duval, rédacteur en chef d'" Alternatives Economiques".

Résultat, l'euro, malgré la crise grecque, pourrait ne pas trop pâtir des difficultés des "piigs" (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Spain).

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