Cet article date de plus d'un an.

Liquidation judiciaire d'Aigle Azur : aucune offre de reprise retenue, l'activité de la compagnie s'arrêtera ce soir à minuit

La compagnie aérienne française avait été placée en liquidation judiciaire le 16 septembre, avec poursuite d'activité jusqu'à vendredi pour permettre aux repreneurs de peaufiner leurs offres.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des salariés de la compagnie aérienne française Aigle Azur manifestent devant le ministère des Transports, le 9 septembre 2019 à Paris.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Le tribunal de commerce d'Evry n'a retenu "aucune des offres de reprise" de la compagnie aérienne française Aigle Azur, vendredi 27 septembre. La société, placée en liquidation judiciaire, verra son activité se terminer vendredi à minuit, a annoncé la présidente du tribunal, Sonia Arrouas, dans un communiqué.

"Aucune solution pérenne n'a été proposée par les candidats repreneurs", explique la présidente, déplorant "les désistements ou les absences d'offres concrètes, l'absence de moyens financiers des candidats crédibles", "l'indétermination de la provenance des fonds" ou encore "l'irrecevabilité de certaines propositions".

Cette décision est difficile car tout avait été mis en œuvre pour sauver les salariés.

Sonia Arrouas, présidente du tribunal de commerce d'Evry

à l'AFP

Aigle Azur emploie quelque 1 150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie. La compagnie, dont les onze avions ne volaient plus depuis le 7 septembre, avait été placée en liquidation judiciaire le 16 septembre avec poursuite d'activité jusqu'à ce vendredi. Elle s'était déclarée en cessation de paiement le 2 septembre. 

L'Etat appelé à l'aide

Plus tôt vendredi, des représentants de plusieurs syndicats (CFDT, SPL, CFTC, SNPL) ont appelé dans un communiqué l'Etat à accorder un "prêt relais d'environ 35 millions d'euros pour sauver" la compagnie, qui accuse un "passif de 148 millions d'euros".

"La liquidation toute proche d'Aigle Azur constituerait un gâchis immense", argumentaient-ils, renvoyant à l'exemple de la compagnie allemande Condor, filiale du voyagiste britannique en faillite Thomas Cook. Condor a obtenu mardi un prêt relais garanti par l'Etat allemand de 380 millions d'euros, lui permettant de continuer à voler.

"Le premier sentiment c'est la consternation, et surtout un gros gâchis, a réagi sur franceinfo Najet Bouneb Guérin, responsable au CE d'Aigle Azur pour le syndicat des pilotes de ligne affilié à la CFDT. C'est une compagnie qui avait des lignes qui étaient rentables et malgré cela personne n'a voulu nous aider."

Des offres de reprise étudiées plusieurs jours

Deux offres de reprise étaient étudiées par le tribunal de commerce d'Evry depuis plusieurs jours. L'une émanait de deux anciens responsables d'Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau, conditionnée à l'obtention d'un prêt participatif de 15 millions d'euros auprès de l'Etat. L'autre était présentée par Lu Azur, actionnaire minoritaire d'Aigle Azur à hauteur de 19%.

Mais quand "Lu Azur, à la demande du tribunal, est venu apporter la preuve de l'existence et de la localisation des 30 millions d'euros de fonds pour la reprise d'Aigle Azur, Gérard Houa a constaté qu'il n'y avait personne en salle d'audience au tribunal de commerce d'Evry" ce vendredi matin, a affirmé à l'AFP un porte-parole de Lu Azur. La présidente du tribunal a répondu que Gérard Houa "n'a nullement trouvé porte close"

Pour Najet Bouneb Guérin, "aucun repreneur n'a pu se présenter en temps et en heure avec de l'argent pour reprendre cette entreprise. Franchement le temps était beaucoup trop court pour trouver de l'argent." 

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Aéronautique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.