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Un mystérieux vent radioactif balaie le nord de la France

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire enquête sur la présence de particules radioactives d'iode 131 venues d'Europe centrale. Des traces inoffensives mais inhabituelles.

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France Télévisions
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La centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le 22 février 2006.  (ALAIN JULIEN / AFP)

L'IRSN est perplexe. Le très sérieux Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a confirmé mardi 15 novembre la présence de particules radioactives dans le nord de la France, sans pouvoir en déterminer l'origine. Les experts ont procédé à des prélèvements après l'alerte donnée (article en anglais) par la République tchèque, qui a la première constaté des traces d'iode 131 dans son atmosphère. La Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et l'Autriche ont ensuite signalé une présence similaire.

Selon l'IRSN, "les niveaux de concentration observés sont sans aucun risque pour la santé des populations". D'après Didier Champion, spécialiste de la radioprotection à l'IRSN interrogé par LeFigaro.fr, elles sont "de l'ordre du millionième de becquerel (Bq) par mètre cube d'air", soit un million de fois inférieures à celles mesurées après l'accident nucléaire de Tchernobyl. Les experts étudient plusieurs pistes. 

1. Une fuite dans une installation nucléaire

L'IRSN, sur la brèche pendant la catastrophe de Fukushima au mois de mars, a tout de suite écarté l'hypothèse d'une fuite venue de la centrale japonaise endommagée. Compte tenu de la durée de vie courte de l'iode 131, les particules détectées ne peuvent avoir été émises lors de l'explosion des réacteurs. En outre, "il aurait fallu un rejet important d’iode 131 au Japon pour atteindre un tel niveau [en Europe], ce qui aurait conduit à des détections plus précoces et à des niveaux plus importants au Japon", explique l'IRSN.

Les particules pourraient provenir d'une autre centrale ou d'un réacteur de recherche détérioré. Mais pour l'instant, aucun incident suspect n'a été signalé.

2. Des particules radioactives à usage médical

Autre possibilité : une fuite dans une usine produisant de l'iode 131 à usage médical. Cet élément radioactif est utilisé comme traceur pour effectuer certains diagnostics et en radiothérapie pour traiter certains types de cancers.

 3. Une dispersion malveillante
 
Dernière hypothèse, celle d'un acte malveillant. Les scientifiques ne l'excluent pas, même "si ce n'est pas la plus probable", relève Didier Champion.
 
Aucun indice ne permet pour l'instant de trancher entre ces trois pistes. "La source est en Europe centrale ou de l’Est, mais nous ne savons pas où, explique l'expert à Futura-sciencesLes pays touchés ne l’ont pas forcément mesuré et le pays d’origine ne le sait pas forcément ou ne l’a pas encore dit. Mais quelque chose s’est passé quelque part en Europe centrale ou de l’Est début novembre."

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