Ours tué par balles en Ariège : "C'est une conséquence du laxisme de l'État dans ce département", dénonce une association

"C'est inadmissible que certains cherchent à imposer par la violence un point de vue qu'ils n'ont pas réussi à faire valoir par des voies démocratiques et légales", explique la vice-présidente de l'association de protection de l'environnement Férus.

Photo de l\'ours mort en Ariège diffusée par la ministre de la Transition écologique.
Photo de l'ours mort en Ariège diffusée par la ministre de la Transition écologique. (AFP PHOTO / HO / COMPTE TWITTER ÉLISABETH BORNE)

"J'ai la rage, je suis écœurée", réagit mercredi 10 juin sur franceinfo Sabine Matraire, vice-présidente et coordinatrice ours de l'association de protection de l'environnement Férus, après qu'un ours a été trouvé tué par balles en Ariège, mardi. L'association annonce qu'elle va porter plainte.

franceinfo : Quelle a été votre première réaction après avoir appris la nouvelle de la mort de cet ours ?

Sabine Matraire : Ma première réaction est que malheureusement, je n'ai pas été surprise que ça ait eu lieu en Ariège. Je pense que nous sommes nombreux à nous y attendre depuis des années. Nous avons prévenu les services de l'État, qui sont de plus en plus laxistes, qui apportent toujours raison aux opposants à l'ours, alors que tous les arguments vont dans le sens inverse. C'est vrai que j'ai la rage. Je suis écœurée. C'est une conséquence du laxisme de l'État dans ce département de l'Ariège. C'est un nouveau pas franchi dans la violence. Pour nous, c'est inadmissible dans un état de droit que certains cherchent à imposer par la violence un point de vue qu'ils n'ont pas réussi à faire valoir par des voies démocratiques et légales.

L'État annonce qu'il va porter plainte. Ce n'est pas suffisant selon vous ?

Non. La réaction de l'État doit être claire et ferme. Il faut en effet condamner, mais il faut aussi réparer. La première chose à faire serait donc de relâcher un ours en remplacement, pour marquer clairement un esprit de fermeté. Il sera dit par cet acte que l'ours était là, qu'il est là, et qu'il sera toujours là. La priorité, c'est de remplacer cet ours, pour montrer fermement la détermination de l'État français, pour restaurer une population d'ours dans les Pyrénées.

L'État doit montrer sa détermination dans ce dossier. Si malheureusement l'État ne remplace pas cet ours, ça reviendrait à donner raison aux braconniers. Ensuite, il faudrait que toutes indemnisations de l'État soient conditionnées à la protection du troupeau. C'est-à-dire arrêter d'indemniser par milliers d'euros des éleveurs dont les animaux sont tués pour d'autres raisons que l'ours.

Vous-même, avec d'autres associations, allez-vous porter plainte ?

Les associations, dont Férus, vont porter plainte, et demandent le remplacement de cet ours abattu en Ariège. À mon avis, il y aura une dizaine d'associations qui vont porter plainte.