Le konjac, un tubercule coupe-faim à zéro calorie

Alors qu'on vante ses effets bénéfiques, cette plante provenant d’Asie du Sud est inconnue de nombre de Français.

Cultivé en Asie, le konjac est une plante très prisée pour ses vertus diététiques.
Cultivé en Asie, le konjac est une plante très prisée pour ses vertus diététiques. (JEAN-MICHEL GROULT / BIOSPHOTO / AFP)

Il ressemble à une grosse betterave, il arrive d’Asie et il est connu pour ses vertus diététiques. Qui est-ce ? Le konjac, un aliment qui trouve peu à peu sa place dans les assiettes françaises grâce à ses qualités coupe-faim.

Qu’est-ce que le konjac ?

Cultivée en Indonésie ou au Japon, cette plante pousse naturellement dans des zones montagneuses d'Asie. 

Alors qu'en herboristerie traditionnelle asiatique, la plante est utilisée dans le traitement du cancer ou du diabète, elle est aujourd'hui principalement consommée et préparée au Japon, où elle entre dans la composition de nombreux plats.

Comment mange-t-on le konjac ?

Son tubercule sphérique - peu appétissant au premier regard - sera pelé, cuit, séché et broyé en farine avant d'arriver dans vos assiettes. Le produit final peut être consommé sous diverses formes : 

- en vermicelles : les shirataki, nouilles de konjac, se cuisinent comme des pâtes et se consomment comme des spaghettis.

- en poudre ou en gélules : le konjac en poudre peut être utilisé pour épaissir les sauces et desserts. On trouve aussi des gélules de konjac en parapharmacie et pharmacie, comme complément alimentaire. Demandez conseil au pharmacien, car ces compléments sont contre-indiqués chez certaines personnes. En outre, il est important de bien boire et de respecter les doses pour éviter une occlusion intestinale.

- en bloc : le konnyaku est une sorte de gelée au goût neutre qui se mange généralement découpé en cubes dans une soupe, avec une sauce ou des légumes.

Pourquoi devrait-on s’y intéresser ?

Aucune saveur particulière (ou un léger goût de poisson qui ne fait pas rêver, selon certains adeptes), une allure peu appétissante, zéro vitamine, pas de sels minéraux… Pourtant, le konjac est le chouchou des régimes, notamment celui, controversé, du docteur Dukan.

On vante ses nombreuses vertus diététiques : son effet coupe-faim, sa faible teneur en calories (3 calories pour 100 g), sa richesse en fibres, sa capacité à absorber les sucres et les graisses ou à faire baisser le taux de cholestérol et la glycémie…

Ses racines contiennent en effet du glucomannane, une fibre qui gonfle en présence d’un liquide, remplissant l’estomac et produisant rapidement un effet de satiété. De même, les fibres du konjac aident à éliminer les toxines de l’organisme.

Est-il efficace pour perdre du poids ?

Oui, si l'on en croit une étude de la revue International Journal of Obesity (en anglais), menée en 1984 sur vingt personnes. Les chercheurs avaient alors démontré une perte de poids dans le groupe traité avec du glucomannane de konjac supérieure à celle du groupe sous placebo.

Selon le Wall Street Journal (en anglais), si les effets bénéfiques du konjac sont désormais évidents, il reste à prouver son efficacité à long terme. L’article souligne également qu’il n’y a pas de preuves que le glucomannane est meilleur que d’autres fibres.

A ce jour, un seul produit à base de konjac est considéré comme dangereux pour la santé. Il s’agit des bonbons gélifiés, à l'origine du décès par suffocation de plusieurs enfants au Japon, comme le rapporte Le Figaro. En cause, la capacité absorbante du konjac, qui gonfle et durcit lorsqu’on le mange. Ces bonbons sont interdits dans l'Union européenne depuis 2001.