Dédoublement des classes de CP et CE1 : "C'est plutôt bénéfique, mais cela nécessite d'être évalué"

Le dédoublement des classes se poursuit avant une généralisation l'année prochaine. Le syndicat SE-Unsa craint de son côté que cette réforme se fasse au détriment des autres classes. 

Une classe dédoublée en CP dans une école de Montpellier (Hérault), en septembre 2017. 
Une classe dédoublée en CP dans une école de Montpellier (Hérault), en septembre 2017.  (GUILLAUME BONNEFONT / MAXPPP)

Parmi les nouveautés de cette rentrée scolaire, il y a notamment la poursuite du dédoublement des classes de CP et CE1 dans les REP, les réseaux d'éducation prioritaire. Elles compteront désormais une douzaine d'élèves au lieu d'une vingtaine en règle générale.

Certaines classes de CE1 de REP+ et REP vont aussi être dédoublées avant une généralisation l'année prochaine. "Il y a unanimité pour dire que ceux qui les vivent trouvent ça agréable, que pour les élèves c'est plutôt bénéfique", a expliqué sur franceinfo Stéphane Crochet, secrétaire général du SE-Unsa, tout en ajoutant que ce système "nécessite d'être évalué."

franceinfo : Les classes dédoublées sont-elles une bonne chose ?

Stéphane Crochet : Il y a unanimité pour dire que ceux qui les vivent trouvent ça agréable, que pour les élèves c'est plutôt bénéfique. En revanche, ce que nous ne savons pas c'est si apprendre un peu plus vite dans ces conditions-là aura des effets durables et un impact certain sur le reste de la scolarité. Cela nécessite d'être évalué.

Il n'y a pas d'études précises sur ces classes allégées ?

La même expérience a été menée par le ministre Luc Ferry il y a plus de dix ans sans montrer un impact suffisant sur le reste de la scolarité. Ce qu'on a vu l'année dernière, c'est du ressenti réel, les élèves apprenaient plus vite, s'y sentaient mieux et les enseignants trouvaient ça plus agréable. Mais c'est une évidence : quand on a 12 élèves, on est bien plus en capacité d'interagir avec chacun d'entre eux et de mener une conduite de groupe plus souple, plus intéressante.

200 000 enfants vont en bénéficier cette année, est-ce au détriment des autres ?

Le ministre dirait que non, nous il nous semble que oui puisque dans le reste du système éducatif on le fait sous contrainte. À l'école maternelle on reste avec des effectifs très élevés alors qu'on sait que c'est le moment où on aurait besoin de développer le rapport à l'écrit, à la langue et que, chez les enfants les plus jeunes, quand on est dans des classes de 25 à 30, on n'arrive pas à motiver et dynamiser chacun des enfants.

Les enfants vont être davantage évalués. Est-ce une bonne chose ?

Les enseignants ont toujours évalué, avec des exercices mais aussi avec un regard au quotidien. Faire passer des batteries d'exercices ne permettra d'évaluer que certaines compétences assez visibles, assez simples, mais elles demanderont toujours à être interprétées par les enseignants.