Violences d'un collaborateur de l'Élysée: "C'était à la fois incompréhensible et d'une très grande violence" relate un témoin de la scène

Jérémie Ferrer-Bartomeu a assisté à la scène qu'il décrit comme "violente", et assure qu'il était impossible de distinguer cet homme des autres policiers présents. 

Des CRS sont positionnés, lors de la manifestation du 1er mai à Paris. 
Des CRS sont positionnés, lors de la manifestation du 1er mai à Paris.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

"On n'a pas compris ce qui se passait", a expliqué sur franceinfo mercredi 18 juillet, Jérémie Ferrer-Bartomeu, chercheur en histoire à l'université de Nanterre, qui a vu un homme désormais identifié comme un collaborateur d'Emmanuel Macron, se livrer à des violences sur des jeunes hommes lors des manifestations du 1er mai à Paris. 

Jérémie Ferrer-Bartomeu a assisté à la scène "choquante", place de la Contrescarpe, dans le 5e arrondissement de Paris, où il venait participer à un apéro militant après la manifestation à laquelle il avait participé, pour s'opposer entre autre à Parcoursup. "C'était à la fois incompréhensible et d'une très grande violence." 

On a été choqués par cette irruption de violence, on s'est dit : ce n'est pas normal, il y a quelque chose de pas normal qui se passeJérémie Ferrer-Bartomeuà franceinfo

Lorsque ce témoin décrit la soirée, il explique que "la place était quasiment vidée de ses occupants. Les CRS faisaient barrage pour empêcher les occupants d'entrer. Deux jeunes personnes, une fille et un garçon, ont été très très violemment saisies par une personne casquée, qu'on avait identifiée comme un policier de la BAC en civil, alors que quelques secondes avant, ces deux jeunes ne manifestaient pas d'hostilité, ne criaient pas. Ils n'étaient pas vêtus comme des manifestants de la gauche radicale habituelle, ceux que l'on appelle les casseurs, ceux qui sont habillés en noir, qui ont des lunettes de protection contre les gaz". D'après lui, "c'était des gens qui passaient par là".  

"Les CRS eux-mêmes ont beaucoup de mal à comprendre ce que fait cet homme", poursuit le chercheur. "On voit très clairement sur cette vidéo que cet homme ne sait pas ce qu'il fait. Il étrangle. Un policier n'étrangle pas. Il va mettre au sol en faisant une clé de bras, va immobiliser par d'autres techniques. Là on a un amateurisme qui peut être dangereux", souligne-t-il.  

"Impossible de distinguer cet homme" 

"Ce que j'ai vu n'était pas normal, ce que j'ai vu était hors du commun, hors de la légalité, hors des techniques d'emploi de la police nationale", s'insurge Jérémie Ferrer-Bartomeu. "C'est inacceptable, je suis extrêmement en colère, et j'attends qu'il y ait des suites judiciaires, politiques, administratives, pour ce collaborateur de la présidence de la République", lance-t-il.  

Pour Jérémie Ferrer-Bartomeu, il était impossible de distinguer cet homme des autres policiers de la BAC présents. Vêtu d'un jean et d'un sweat à capuche, il avait "tous les attributs d'un policier des brigades anticriminalité" et portait "un casque".