Un collaborateur de l'Élysée, filmé en train de frapper un manifestant le 1er mai à Paris, mis à pied avant d'être réintégré

Ce chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la République a été mis à pied pendant deux semaines après avoir frappé un manifestant le 1er mai. 

Un homme casqué a été filmé en train de porter des coups à un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe à Paris.
Un homme casqué a été filmé en train de porter des coups à un manifestant, le 1er mai 2018, sur la place de la Contrescarpe à Paris. (MLM - NIBIRU / YOUTUBE)

Alexandre Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet du président de la République, a été mis à pied pendant 15 jours au mois de mai par le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, après s'être livré à des violences le 1er mai à Paris, a appris mercredi 18 juillet franceinfo, confirmant une information du Monde.

L'homme a été filmé en train de frapper un manifestant dans le quartier latin à Paris, en marge de la manifestation du 1er mai. Sur cette vidéo, on peut voir Alexandre Benalla, portant un casque avec visière sur lequel se dessine ce qui s'apparente à un écusson officiel, frapper à plusieurs reprises un jeune homme à terre. Un témoin de la scène, raconte à franceinfo, que la scène "était à la fois incompréhensible et d'une très grande violence". 

Alexandre Benalla a été suspendu pendant deux semaines par Patrick Strzoda, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, avant de retrouver une fonction de chargé de mission à l'Élysée. Contacté par franceinfo, le ministère de l'Intérieur ne fait aucun commentaire mercredi soir.

Colère de plusieurs élus 

Le député La France insoumise Alexis Corbière, a dénoncé sur franceinfo mercredi soir, "un délit pénal qui mérite de la prison". Selon l'élu de Seine-Saint-Denis, "on ne peut pas tolérer que parmi les forces de l'ordre, des gens qui ne sont pas policiers, portent des coups et fassent du maintien de l'ordre". Le député LFI en appelle au ministre de l'Intérieur et à Emmanuel Macron, "il ne peut pas y avoir de fermeté à géométrie variable". 

Le sénateur du Val-d'Oise et secrétaire national du PS Rachid Temal, de son côté, estime que ces actes sont "inacceptables". "Ce dont on parle, c'est un collaborateur du président de la République, qui n'est pas policier et qui se retrouve habillé comme un policier, au milieu d'une opération de police et qui de surcroît, fait preuve d'une violence inouïe", rajoute-t-il. 

"Cela illustre cet excès de confiance, de surpuissance qui montre bien qu'on ne peut pas réformer la France par brutalité", a réagi mercredi sur franceinfo Damien Abad, député LR de l'Ain"Ce qui m'interroge, c'est pourquoi ce secret, (...) Il y a eu un manque de transparence, un manque de clarté et un manque de sincérité", estime le vice-président du parti.

Sur Twitter, d'autres responsables politiques s'expriment et condamnent les violences de ce collaborateur de l'Élysée.