Un rapport propose la création d'un fonds de réparation pour les harkis

Intitulé "Aux harkis, la France reconnaissante", le document a été rédigé par un groupe de travail initié par Emmanuel Macron. 

Des manifestants pour la cause des harkis, le 19 mars 2016, à Risevaltes (Pyrénées-Orientales).
Des manifestants pour la cause des harkis, le 19 mars 2016, à Risevaltes (Pyrénées-Orientales). (RAYMOND ROIG / AFP)

Le groupe de travail sur les harkis, initié par Emmanuel Macron, préconise de créer un "fonds de réparation et de solidarité" doté de 40 millions d'euros pour ces anciens supplétifs algériens et leurs enfants dans un rapport. Le document, intitulé "Aux harkis, la France reconnaissante", a été remis mardi 17 juillet à la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

Au total, le document présente 56 mesures visant à la "préservation de la mémoire" des harkis et permettant une "réparation adaptée" pour les souffrances endurées. Il propose notamment de rendre obligatoire l'enseignement de la guerre d'Algérie au collège et au lycée.

Des propositions "inacceptables"

Plusieurs associations, qui réclamaient entre 4 et 35 milliards d'euros de réparations, ont regretté ces mesures. Le Comité national de liaison des harkis (CNLH) a, par exemple, jugé ces propositions "inacceptables"  avant même la remise du rapport. "Nous ne voulons pas d'aides sociales. Ce sont des mesurettes, a lancé Mohamed Badi, l'un des quatre représentant du CNLH au sein du groupe de travail. Nous demandons une loi de reconnaissance, mais elle nous est refusée pour ne pas envenimer les relations diplomatiques entre l'Algérie et la France."

Pendant le conflit, qui a duré de 1954 à 1962, l'armée française a recruté jusqu'à 150 000 Algériens comme auxiliaires. Considéré comme des traîtres par les autorités algériennes, 90 000 personnes, harkis et leurs familles, ont été admis en France après la guerre dans des conditions précaires sans réelles perspectives d'intégration pour eux-mêmes et leurs enfants. Les autres – entre 55 000 et 75 000 harkis, selon les historiens – ont été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles.