La France responsable dans l'internement des Tsiganes, une reconnaissance que les familles attendaient "depuis longtemps"

François Hollande a reconnu la responsabilité de la France dans l'internement de milliers de Tsiganes durant la Seconde guerre mondiale, sur l'ancien camp de Montreuil-Bellay.

Un jardinier s\'occupe de déblayer ce qu\'il reste du camp de Montreuil-Bellay, le 11 octobre 2016.
Un jardinier s'occupe de déblayer ce qu'il reste du camp de Montreuil-Bellay, le 11 octobre 2016. (LOIC VENANCE / AFP)

François Hollande a reconnu samedi 29 octobre la responsabilité de la France dans l'internement de milliers de Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale, lors d'un déplacement sur l'ancien camp d'internement de Montreuil-Bellay, dans le Maine-et-Loire. Sandrine Renaire, présidente de l'association AMCT (Amis de la mémoire du camp tsigane de Montreuil-Bellay) et arrière-petite-fille de Tsiganes internés dans ce camp a dit sa satisfaction sur franceinfo. 

franceinfo : Comment avez-vous réagi en entendant le discours de François Hollande ?

Sandrine Renaire : C'était assez fort en émotion, car c'est une reconnaissance qu'on attendait depuis longtemps. Pour toutes les familles internées et pour tous les descendants, c'est quelque chose de fort, et une reconnaissance qui est enfin là.

Vous avez milité pour obtenir cette reconnaissance ?

Cela fait 11 ans que l'on travaille dessus. On l'a fait reconnaître le camp, monument historique en 2013, donc vraiment c'est la bataille d'une équipe qui aboutit enfin, et c'est très bien que la lumière soit faite sur ces camps. Enfin, l'Etat prend conscience de ce qui a été fait dans le passé, et affirme la responsabilité de la France à ce moment-là, donc c'est assez fort comme message. C'est aussi être reconnus citoyens français, pour tous les nomades qui vivent en France. C'est une reconnaissance à ce niveau-là aussi.

Vous avez pensé à vos arrière-grands-parents ?

Oui, mes arrière-grands-parents, et tous ceux qui malheureusement ne sont plus là aujourd'hui et qui auraient voulu entendre ces mots. Cela résonne encore plus fort en nous, descendants d'internés. Ma famille a été prise dans une rafle en Bretagne, et internée dans ce camp. Après, ils ont été libérés en 1942, mais assignés à résidence à Saumur. Ensuite, ils ne voulaient plus partir de Saumur, de peur d'être repris sur les routes après la guerre.

Avez-vous d'autres revendications ?

On demande maintenant l'abrogation du livret de circulation, imposé aux gens du voyage depuis 1969. C'est un système de flicage, et ils [les nomades, NDLR] n'ont plus à subir ça aujourd'hui. Ils ont le droit de se déplacer librement, du moment qu'ils respectent les lois en vigueur. Avec sa suppression, ça ouvrirait des droits aux niveaux civique et politique pour les nomades.

"C'est une reconnaissance qu'on attendait depuis longtemps" (Sandrine Renaire, arrière-petite fille de Tsiganes)
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