Une nouvelle population d'ours polaires découverte au Groenland

Alors que les ours polaires utilisent habituellement la banquise (formée d'eau de mer) pour chasser, cette population se sert de morceaux de glace se détachant des glaciers d'eau douce de la région.

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France Télévisions
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Un ours polaire sur la banquise, à Scoresbysund (Groenland), le 13 juin 2018. (PIERRE VERNAY / BIOSPHOTO / AFP)

La fonte rapide de la banquise dans l'Arctique représente une grave menace pour la survie des ours polaires, qui s'en servent comme d'une plateforme pour chasser les phoques. Mais des scientifiques ont identifié, dans le sud-est du Groenland, une nouvelle population de ces plantigrades qui utilise les morceaux de glace se détachant des glaciers d'eau douce de la région. Leur découverte, décrite dans une étude publiée jeudi 16 juin dans la revue Science (en anglais), donne l'espoir qu'au moins quelques représentants de cette espèce puissent survivre au cours du siècle.

Si la banquise (formée d'eau de mer) procure une plateforme pour chasser à la plupart des quelque 26 000 ours polaires de l'Arctique, ils n'y ont accès dans le sud-est du Groenland que pendant quatre mois, entre février et la fin mai. Durant les huit autres mois, ces ours utilisent donc des morceaux de glace d'eau douce, qui se détachent de glaciers et finissent directement dans la mer.

Isolés depuis "plusieurs centaines d'années"

"L'une des grandes questions est de savoir où les ours polaires vont pouvoir se maintenir", sachant que la banquise de l'Arctique devrait finir par complètement disparaître en été, a expliqué à l'AFP Kristin Laidre, scientifique à l'université de Washington et à l'Institut des ressources naturelles du Groenland. "Je pense que les ours évoluant dans un endroit comme celui-là peuvent nous en apprendre beaucoup [sur là où] ce pourrait être le cas."

Ce nouveau groupe compte a priori plusieurs centaines d'individus. Des ours ont été équipés de dispositifs de localisation par satellite et des échantillons d'ADN ont été récoltés, soit en en capturant certains, soit en utilisant des fléchettes pour réaliser des biopsies. "Nous savons que cette population a vécu séparément des autres ours polaires durant au moins plusieurs centaines d'années", souligne Beth Shapiro, co-auteure de l'étude et généticienne à l'université de Californie à Santa Cruz.

Leur isolement provient de la géographie de leur lieu de vie : un paysage complexe de fjords sur la pointe sud du Groenland, bien en dessous du cercle arctique, avec nulle part où aller.

Kristin Laidre prévient qu'il faut se garder de placer trop d'espoirs dans cette étude. Les ours polaires ne seront pas sauvés sans action urgente pour combattre le changement climatique. Néanmoins, cette population-ci pourrait avoir de meilleures chances de survie que les autres. Et d'autres régions du Groenland comportent des glaciers terminant directement dans la mer. Elles pourraient, à l'avenir, devenir de petits refuges climatiques.

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