Orque dans la Seine : une "course contre la montre" pour sauver le cétacé, affirme la présidente de Sea Shepherd

L'ONG Sea Shepherd France s'apprête à mettre à l'eau trois bateaux pour guider vers la mer le cétacé, aperçu pour la première fois le 16 mai entre Honfleur et Le Havre, près du Pont de Normandie, et en grande difficulté. 

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Radio France
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Mercredi la préfecture avait confirmé la présence dans la Seine de cette "orque mâle, espèce protégée et sauvage" à l'état "très affaibli".  (MAREK STEFUNKO / EYEEM / EYEEM)

"On est vraiment dans une course contre la montre" pour sauver l'orque qui se trouve actuellement dans la Seine entre Rouen et Le Havre, affirme dimanche sur franceinfo Lamya Essemlali, présidente de l'ONG Sea Shepherd France alors que l'organisation s'apprête à mettre à l'eau trois bateaux pour guider vers la mer le cétacé en grande difficulté. Une "opération extrêmement difficile", une "sorte d'opération séduction" de cette orque.

franceinfo : La préfecture de Seine-Maritime, en lien avec des spécialistes des cétacés, dit qu'il vaut mieux éviter de s'approcher de l'animal avec des bateaux. Comment allez-vous vous y prendre dans ce cas ?

Lamya Essemlali : Nous pensons que nous ne pourrons pas l'accompagner vers le large sans nous en approcher. Il y a des précautions à prendre, nous avons une expérience de "drive" de centaines de dauphins. Là, ce qu'il va falloir faire, c'est une sorte d'opération séduction de l'orque, c'est-à-dire de voir comment elle réagit à un bateau qui s'intéresse à elle. Si elle est désorientée et qu'elle s'intéresse à un bateau, qu'elle accepte de le suivre, peut-être que nous y arriverons. C'est ce qui doit être tenté. La méthode qui viendrait après, si nous n'y arrivons pas, c'est l'effarouchement, mais cela induirait énormément de stress et c'est ce que nous voulons éviter à tout prix. Un bateau du Groupe d'étude des cétacés du Cotentin (GECC) a émis des sons d'orque samedi dans la journée pour une phase test. Nous attendons uniquement le feu vert de la préfecture pour mettre nos bateaux à l'eau et tenter autre chose.

Une opération comme celle-là peut-elle être dangereuse pour ceux qui interviennent ?

Il y a des précautions à prendre, mais les attaques d'orque sur des bateaux sont extrêmement rares, c’est arrivé dans des cas particuliers. Nous n'avons pas de crainte particulière, surtout que c'est une orque affaiblie. Nous sommes plus inquiets pour la survie de l'orque que pour ces questions de sécurité qui certes sont importantes mais, à mon sens, ne sont pas le plus grand danger. Le plus grand danger est pour l'orque. On est vraiment dans une course contre la montre parce que cela fait déjà beaucoup trop de temps qu'elle est en eau douce. Elle risque de s'infecter parce qu'elle a déjà énormément de mycoses, on craint qu'elle attrape une septicémie. L'eau de la Seine est extrêmement polluée, ce n'est pas du tout son milieu, elle est amaigrie. Il faut absolument qu'elle rejoigne la mer le plus vite possible sinon elle est condamnée.

Est-il envisageable de capturer cet animal pour le soigner ?

Il faudrait avoir l'avis des vétérinaires, elle est extrêmement affaiblie. Cela voudrait dire le maintenir en captivité. Sur des animaux qui sont déjà très affaiblis, la captivité, c'est souvent le coup de grâce malheureusement.

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