Chez les poissons tropicaux, plus on a une tête de thon, plus on est utile à la biodiversité

Les poissons tropicaux les plus laids selon les critères humains ont une richesse fonctionnelle en moyenne 33% supérieure à celle des poissons considérés comme les plus beaux, selon une étude menée par deux écologues du CNRS.

Une carangue, en 2011.
Une carangue, en 2011. (MAXPPP)

Ils vous paraissent laids, mais ne vous fiez pas à leurs couleurs et à leurs formes peu sympathiques. Le nasique, le rémora et la carangue jouent un rôle bien plus important que leurs congénères harmonieux aux couleurs chatoyantes tels que le poisson-clown ou le poisson chirurgien, plus facilement identifiables sous les noms de Nemo et Dory, du célèbre dessin-animé. C'est ce que révèle une étude réalisée par des écologues du CNRS, publiée dans la revue Scientific Reports (en anglais), le 6 août 2018. 

Pour mener à bien leur recherche, les scientifiques ont présenté les photos de 116 espèces communes de poissons vivant dans l'océan Indien à 8 000 personnes, âgées de 3 à 80 ans. Ces dernières devaient sélectionner l'espèce qu'elles préféraient. C'est le poisson-ange qui a remporté tous les suffrages. 

Les nasiques, essentiels aux coraux

Or les poissons tropicaux jugés les plus laids par les humains sont ceux qui ont une richesse fonctionnelle en moyenne 33% supérieure à celle des poissons considérés, par l'homme, comme les plus beaux, note France Inter. Un exemple parmi d'autres relevé par Le Parisien : les nasiques broutent les algues qui pourraient causer la mort des coraux si elles se mettaient à pulluler. "Nous devons faire un effort de communication important sur la diversité biologique en ne privilégiant pas le beau et le sensationnel mais plutôt le rôle écologique des espèces", explique Nicolas Mouquet à France Inter.