Loi sur le bien-être animal : "C'est un "génocirque", dénonce le Syndicat français des capacitaires d’animaux de cirque et spectacle

"Chez nous, il n'y a pas de maltraitance avérée ni prouvée", s'insurge sur franceinfo William Kerwich qui affirme que ce projet de loi est "en train de tuer notre profession".

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Radio France
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Une photo prise le 26 mars 2016 montre un chameau au cirque Zavatta à Pont-Audemer (Eure). (JOEL SAGET / AFP)

Les députés examinent mardi 26 janvier une proposition de loi sur le bien-être animal. Un texte qui s'intéresse aux animaux de compagnie, avec des sanctions durcies lorsque leurs maîtres s'en occupent mal. Ce projet concerne aussi les animaux sauvages : des amendements réclament leur interdiction progressive dans les delphinariums, sur les plateaux de télévision ou dans les cirques itinérants. Invité de franceinfo, alors qu'il manifestait devant l'Assemblée nationale, William Kerwich, président du Syndicat français des capacitaires d’animaux de cirque et spectacle (SFCACS), dénonce un "projet de loi arbitraire : la profession parle d'un 'génocirque', on est en train de tuer notre métier."

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franceinfo : Avez-vous l'impression que votre métier, c'est de la maltraitance animale ?

William Kerwich : On est très choqué par rapport à ce projet de loi qui est, pour nous, arbitraire. Chez nous, il n'y a pas de maltraitance. On a donc interpellé le député LREM Loïc Dombreval (vétérinaire et co-auteur de la proposition de loi) pour enlever cet intitulé qui pourrait influencer les députés sur un vote qui serait arbitraire. On demande : est-ce que vous êtes pour ou contre la maltraitance dans les cirques ? Mais chez nous, il n'y a pas de maltraitance avérée ni prouvée. Donc, ce ne sont que les idéologies de ces écologistes et animalistes. Mais ce n'est pas la réalité.

Pour autant, dans le dressage de vos animaux, il y a un apprentissage qui passe par des mesures physiques avec parfois des fouets...

Non, ce sont les arguments des associations : les fouets, les barreaux, (des animaux) enchaînés. Aujourd'hui, on ne parle pas de dressage, on parle d'éducation. Il y a une complicité entre l'homme et l'animal. Il faut arrêter ces diffamations. On n'est pas sur la contrainte. On est sur une complicité de dressage et de présentation de ces animaux à nos spectacles. Ce sont encore des on-dit et des fausses accusations.

Dans le texte de loi, on parle de cirque "itinérants", ce qui implique notamment la manière dont vos animaux sont maintenus en cage pendant le transport...

Aujourd'hui en France, il y a une réglementation très stricte sur le transport des animaux de cirque. Donc, on a un diplôme d'Etat, le Certificat d'aptitude au transport d'animaux vivants (CAPTAV), qui est un diplôme de convoyage pour donner une garantie de bien-être des animaux pour le transport. On a des autorisations de transport qui sont délivrées par le ministère de l'Écologie sur une limite d'heures de transport où on doit abreuver nos animaux. Donc sur le transport, il y a toutes les garanties sur le bien-être de nos animaux. Et il y a également des contrôles sur les véhicules, qui doivent être adaptés pour le transport de chaque animal. Je pense que Barbara Pompili, quand elle a évoqué l'itinérance, elle ne connaît pas son dossier en tant que ministre de l'Écologie. C'est pour cela que nous sommes aujourd'hui en train de manifester. C'est très encadré et réglementé depuis 1985 et c'est quelque chose qui pour nous est une sommation, surtout venant d'une ministre qui ne connaît pas la réglementation déjà en vigueur.

Le principe même du maintien en cage d'un tigre ou d'un éléphant, ça ne vous pose pas de problème ?

Alors, les éléphants ne sont pas dans des cages, mais dans des enclos qui sont régis par le ministère de l'Écologie. Et aujourd'hui, c'est pareil pour les fauves. On a des véhicules pour transporter nos animaux d'un emplacement à un autre. L'arrêté de 2011 donne des réglementations en surface au mètre carré pour nos animaux, avec des parcs extérieurs de détente obligatoire. Si on ne respecte pas ces normes, on peut nous retirer nos animaux. Il faut arrêter de dire qu'ils sont enfermés, enchaînés ou derrière les barreaux.

Selon vous, si on vous retire ces animaux, l'économie des compagnies de cirque s'écroule ?

La profession parle d'un "génocirque". On est en train de tuer notre profession. On veut nous faire mourir notre profession. C'est pour cela qu'on est là en train de manifester, parce que tout cela est très arbitraire. Dans ce projet de loi, on nous dit qu'on va nous enlever nos animaux et nos diplômes. (...) On n'est pas là sur un débat ou d'amélioration du bien-être animal. On n'est pas là pour trouver des solutions, mais pour interdire et tuer une profession.

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