Loi sur le bien-être animal : le Parti animaliste juge les mesures "très insuffisantes au regard des souffrances que subissent les animaux"

Pour éviter que les débats ne s’enflamment, la majorité a pris soin d’écarter les sujets explosifs comme la chasse ou la corrida. 

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Radio France
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Manifestation des défenseurs des animaux aux abords de l'Assemblée nationale, après l'échec du vote de la proposition de loi de Cédric Villani sur les maltraitances animales, en octobre 2020. (MARIE MAGNIN / HANS LUCAS)

Hélène Thouy, avocate et co-fondatrice du Parti animaliste a jugé mardi 26 janvier sur franceinfo "très insuffisantes au regard des souffrances que subissent les animaux" les mesures comprises dans la proposition de loi sur le bien-être animal examinée par les députés. Pour éviter que les débats ne s’enflamment, la majorité a pris soin d’écarter les sujets explosifs comme la chasse ou la corrida. Le texte prévoit un volet prévention, mais aussi un durcissement des sanctions en cas de maltraitance et la confirmation de l'interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques et les delphinariums.

franceinfo : Ce texte ne va pas assez loin ?

Hélène Thouy : Oui, tout à fait. il faut effectivement souligner que toutes les avancées en faveur des animaux sont évidemment bienvenues. Cependant, il y a tellement d'attentes sur la question animale qu'il faut être ambitieux. Et on voit que sur les sujets qui ont été soigneusement sélectionnés par le gouvernement et la majorité, il y a des mesures, certes, qui constituent des avancées, mais qui ne vont pas assez loin, par exemple sur la question de la fourrure. On aurait dû interdire complètement tous les élevages de fourrure. Là, on n'interdit que les visons sur deux ans, alors qu'il faudrait également aller tout de suite à une interdiction immédiate. Sur les animaux sauvages détenus dans les cirques, c'est une interdiction qui ne vise à ce stade que les spectacles itinérants et pas les spectacles fixes, alors que là encore, il y a vraiment des attentes des citoyens, que ce soit une interdiction générale. Effectivement, ce sont des avancées. On ne peut pas dire le contraire, mais très insuffisantes au regard des souffrances que subissent les animaux. Et surtout, il ne faut pas oublier que tous les animaux d'élevage, les animaux concernés par la chasse, tous ces animaux sont totalement et soigneusement exclus de cette proposition de loi.

Loïc Dombreval, député LREM et rapporteur du texte, explique que les députés ne sont pas prêts à aller plus loin, que lui répondez-vous ?

Les députés ne sont pas prêts, mais les citoyens, eux, le sont et ils le sont majoritairement sur la fin de l'élevage intensif. Selon le dernier sondage IFOP 85% des citoyens sont favorables à la fin de l'élevage intensif. Donc, si les députés ne sont pas prêts, c'est qu'ils ne représentent pas les citoyens. Et cela renvoie à une crise de démocratie. Il y a une vraie déconnexion entre les attentes de l'opinion publique et des citoyens sur la question animale et la réaction politique. C'est aussi une des raisons pour lesquelles le Parti animaliste appelle à manifester ce mardi après-midi devant l'Assemblée nationale pour que les députés soient pour une fois du côté des citoyens qui sont majoritairement favorables à la cause animale et pas du côté des lobbies de l'exploitation animale. Et s'ils sont du bon côté, cette fois, on obtiendra des vraies valeurs républicaines.

Il faut peut-être trouver un compromis ?

Oui, on l'entend, mais lorsqu'il y a de très fortes attentes citoyennes qui sont constamment relayées par les sondages d'opinion, il ne devrait pas y avoir de blocage au sein de l'Assemblée nationale. Que certains sujets soient plus clivants, plus difficiles à faire avancer, c'est une évidence. Mais sur les sujets qui sont majoritairement bien accueillis par les citoyens, il ne devrait pas y avoir ce blocage. Les représentants que sont les parlementaires sont effectivement des représentants des citoyens.

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