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A Saint-Denis, la Coupe du monde de rugby s'ajoute aux JO : "On espère que ça va rebooster quelques partenaires potentiels"

La Seine-Saint-Denis s'apprête à accueillir deux grandes compétitions sportives : les JO 2024 et la coupe du monde de rugby 2023. De quoi susciter beaucoup d'espoir chez les habitants de Saint-Denis.

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Edité par Mariam El Kurdi - Jérôme Jadot - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Site de la future piscine olympique à Saint-Denis, quai Adrien Agnès. (MAXPPP)

Après l’obtention des JO 2024, la France a été retenue pour organiser la Coupe du monde de rugby 2023, mercredi 15 novembre. Au cœur de ces deux grands événements, la Seine-Saint-Denis. Le département abritera le village olympique ainsi que le match d’ouverture et la finale de la Coupe du monde de rugby au Stade de France. A Saint-Denis, avant même le début des compétitions, on s'en réjouit.

Saint-Denis, future village sportif : reportage de Jérôme Jadot
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Changer l'image de la ville et du rugby 

Ils n’ont pas encore l’âge de jouer en équipe de France, mais les benjamins du club de rugby de Saint-Denis manient déjà aisément le ballon ovale. Ils s’entraînent à moins de trois kilomètres du Stade de France. Djibril, 11 ans, pilier, n’y est jamais allé. "Depuis que je suis petit, j'en rêve", raconte le jeune garçon. Pour lui, la Coupe du monde à Saint-Denis va doper l’image de son sport et de sa ville. "Ça va diffuser l'image de Saint-Denis. Beaucoup pensent que le rugby est un sport de 'brutasses'. Parmi mes copains, il y en a beaucoup qui font du foot", dit-il.

Dans cette banlieue où le ballon rond est roi, le nombre de licenciés du club de rugby est en recul. Son président, Olivier Glévéo, aimerait voir se répéter l’effet qu’avait eu la précédente Coupe du monde organisée en France en 2007 sur les jeunes vocations. "On a doublé les effectifs en 2007 et on espère que la Coupe du monde 2023 va rebooster quelques partenaires potentiels", explique-t-il.

Convertir les spectateurs en touristes

Même enthousiasme hors des pelouses, en centre-ville. "Avoir les Jeux olympiques en 2024 et avoir la Coupe du monde de rugby en 2023, c'est énorme, ça !", se réjouit Sid, patron du bar qui fait face à la basilique. Il se souvient de la précédente Coupe du monde de rugby. "On a eu l'expérience en 2007, on a eu du monde. C'est intéressant pour nous."

L'enjeu pour Laurent Russier, maire Front de Gauche de la ville : transformer les spectateurs en touristes. "On y arrive de plus en plus. C'est plus compliqué que pour le football, il faut le reconnaître. Mais on a de la chance sur les publics de rugby en général, qui viennent aussi pour découvrir des territoires".

On a la chance d'avoir une des rares villes de banlieue avec un vrai cœur historique. Ces événements permettent d'avoir un éclairage nouveau sur Saint-Denis

Laurent Russier, maire de Saint-Denis

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D'autres, un peu à l’écart du centre-ville redoutent de ne pas profiter de cet effet de masse touristique. Farid reste sceptique. "Nous, les petits Dyonisiens, on n'y participe pas, au Stade de France. C'est trop cher, aucune retombée... " Au chômage, il ne pense pas que la Coupe du monde puisse l'aider à trouver un emploi : "Rien du tout, je n'y crois pas ! Ce sont toujours les mêmes qui mangent, c'est la vie qui veut ça."

Booster l'économie locale

Pour éviter cela, Danielle Dubrac, présidente de la Chambre de commerce et d’industrie de Seine-Saint-Denis, préconise que pour ces événements, les appels d’offre soient adaptés au tissu économique local. "Par exemple, s'il y a besoin de faire une cahute avec de l'électricité, si vous prenez un marché pour tous les équipements d'électricité de toutes les infrastructures, ça sera une grosse entreprise qui répondra, mais l'entreprise locale n'ira pas toute seule sur un gros marché. Il y a trop de risques. Si un lot est bien découpé, elle ira." L'objectif est de ne pas passer à côté de ce que certains prédisent comme une manne. Selon le cabinet Deloitte, la Coupe du monde de rugby pourrait générer en France plus de 2 milliards d’euros.    

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