Violences conjugales : "La loi ne demande pas d'enquêter mais de signaler les faits", insiste la procureure de la République de Compiègne

Marie-Céline Lawrysz appelle à multiplier les signalements de violences conjugales soupçonnées. Il ne faut pas avoir peur de les mentionner de peur qu'elles ne soient pas réels. C'est à la justice d'enquêter, pas à la personne qui alerte, rappelle-t-elle.

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Le palais de justice de Compiègne (illustration). (GOOGLE STREET VIEW)

Cinq ans après le début du mouvement #MeToo, la procureure de la République de Compiègne (Oise) Marie-Céline Lawrysz estime ce mercredi sur franceinfo que "tous les acteurs de la société doivent s'emparer" de la question des violences conjugales. Elle rappelle que la loi impose à "tout fonctionnaire, toute autorité, tout officier public d'aviser sans délai le procureur de la République de la connaissance qu'il a d'un crime ou d'un délit".

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Marie-Céline Lawrysz regrette que certains élus "se disent qu'il s'agit d'affaire privée, d'une affaire de couple" ou ont peur de "dénoncer des faits qui ne sont pas réels". "Il ne s'agit pas de jeter l'opprobre sur les élus, ni de responsabiliser certains acteurs et partenaires de la justice, insiste la procureure, mais simplement de leur dire que la loi ne leur demande pas d'enquêter, elle leur demande de signaler les faits."

Le procureur peut s'autosaisir

La procureure de la République de Compiègne explique par ailleurs qu'elle peut s'autosaisir d'une affaire : "La plainte n'est pas une condition préalable pour conduire une enquête, il n'y a pas de formalisme particulier", précise Marie-Céline Lawrysz. "Il s'agit juste de m'adresser un message, un mail avec des éléments plus ou moins précis", insiste-t-elle.

Aujourd'hui, les affaires de violences conjugales représentent "30% des affaires traitées au niveau pénal" par le parquet de Compiègne. "C'est énorme", reconnaît Marie-Céline Lawrysz. Depuis son arrivée au parquet de Compiègne il y a deux ans, elle a constaté une "augmentation des signalements et des plaintes" pour violences conjugales.

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Pour la procureure, cette hausse s'explique par la libération de "la parole des victimes", mais aussi par la multiplication des "signalements, notamment ceux des établissements scolaires qui recueillent les confidences des enfants et les signalements faits en ligne". Elle cite notamment les "tchats en ligne moncommissarat.interieur.gouv.fr ou magendarmerie.fr". Ces plateformes permettent "à des témoins qui veulent conserver l'anonymat de signaler les faits".

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